Education et Paradigme

L’éducation scolaire doit changer de paradigme. Une très bonne vidéo de Ken Robinson permet de se rendre compte des enjeux et de la problématique actuelle.

 

Hypothèses, solutions et propositions

Hypothèse n°1 : 20% des élèves sont orientés par défaut, en échec scolaire ou cassés par le système scolaire.

Solution n°1 : envisager la réussite de tous les élèves comme règle d’or du système scolaire. Différentier les enseignements dans une salle de cours et ne plus classer (obligatoirement) les élèves par classe d’âge, mais par niveau de compétences acquises ou pas.

Hypothèse n°2 : l’égalité comme vertu dans l’apprentissage n’existe pas car le système universitaire favorise, comme tous les secteurs de la société, ceux qui ont les moyens financiers pour y arriver.

Solution n°2 : supprimer les classes préparatoires aux concours, récupérer les gros moyens alloués, les transférer aux universités (et aux lycées, formation post-bac).

Hypothèse n°3 : Les agents de l’état au sein de l’éducation nationale ne possèdent pas suffisamment de liberté pour agir en adéquation avec les situations complexes à traiter. En effet, de l’état aux agents de l’état, le système est totalement sclérosé par une administration périmée, inflexible et incapable de  s’adapter aux contingences locales au sein des établissements.

Solution n°3 : Supprimer (en grande partie) les directives administratives, faire confiance aux agents de l’état en situation professionnelle sur le terrain et favoriser la prise d’initiative pour libérer les énergies innovantes (en donnant pus de pouvoir/d’autonomie aux chefs d’établissements).

Hypothèse n°4 : les syndicats sont (en partie) responsables de l’inertie actuelle du système éducatif français et ils contribuent à l’impossibilité de le réformer.

Solution n°4 : Modifier (en partie) la structure et l’impact des organismes syndicaux, libérer le dialogue en toute transparence et soumettre l’administration à l’analyse systémique et concertée des agents de l’état en fonction sur le terrain. L’employeur (les rectorats et l’état) des agents de l’état doivent justement « donner des réponses de caractère général à des questions posées ». C’est à dire que les chiffres demandés doivent-être communiqués.

Hypothèse n°5 : Tout élève (de 5 à 15 ans) a nécessairement un talent caché que les enseignants doivent s’évertuer à révéler.

Les compétences sont « professionnelles », « technologiques » et « générales » et elles sont liées aux voies proposées comme orientation des élèves à la fin du collège. Lorsqu’un élève n’assimile pas les notions de grammaire française ou les théorèmes de mathématiques c’est qu’il est sans doute efficace dans un des domaines de l’activité professionnelle (électricité, mécanique, métiers de bouche, arts appliquées…). L’enseignant doit révéler cela et le système scolaire doit proposer les opportunités de formation. En France, seule la « voie générale » est valorisée. L’Education Nationale manque de détermination et de vision pour lier la société civile à l’éducation nationale.

Solution n°5 : Les entreprises participent pleinement à la formation professionnelle des jeunes. Dans les entreprises, les syndicats et les directions travaillent conjointement pour organiser cela sur le terrain en fonction des conjonctions économiques et des pôles géographiques.

Cette solution n°5 est la clé du nouveau système scolaire à inventer.

Objectif n°1 : Multiplier par 2 le nombre d’élèves former au sein des entreprises dans les 20 prochaines années.

Le système scolaire français à fait le choix inverse depuis 30 ans. L’éducation nationale souhaite amener une grande majorité des élèves à l’obtention d’un bac général. Ainsi les exigences baissent depuis de nombreuses années et l’enseignement supérieur s’évertue à contrebalancer cela sans y arriver. Le bac est obtenu par les lycées car les chiffres sont définis à l’avance.

(Septembre 2016) Je vais maintenant énumérer les « objectifs » suivants pour poser les nouveaux jalons d’une éducation nationale en perte de vitesse. Après avoir proposé des hypothèses puis essayer d’apporter des solutions je vais maintenant énoncer des objectifs à atteindre dans les 20 prochaines années.

Objectif n°2 : Travailler en interdisciplinarité, casser les méthodes scolaires actuelles pour développer la coopération des élèves entre eux (et non la compétition de notes). Une entreprise n’exige-t-elle pas que ses employés collaborent pour une meilleure circulation de l’information en vue d’optimiser les résultats. Tout le monde peut y gagner. Travail d’équipe à l’école, évaluation d’un groupe, stimulation de l’imagination et de l’esprit critique…

Objectif n°3 : Supprimer les inspecteurs académiques pour shunter les influences administratives déconnectées de la réalité sur le terrain. Fournir plus d’autonomie aux chefs d’établissements et créer des conseillers pédagogiques en masse (issu du terrain et obligatoirement en fonction sur le terrain tout en étant conseiller).

Objectif n°4 : Augmenter de 50 % le salaire des profs (du primaire et du secondaire, dans les 5 prochaines années et diminuer de 20% le temps libre), supprimer la hors classe (et la classe exceptionnelle) et le corps des agrégés pour compenser. Un enseignant efficace travaille avec ses collègues (objectifs n°2) pour dispenser une pédagogie interdisciplinaire. De là résulte son augmentation de salaire car le temps de concertation doit-être rémunéré.

Objectif n°5 : Créer une plateforme numérique pour organiser en trois secteurs : les élèves, les familles et les profs. Cet espace numérique offre un espace de dialogue et une force de proposition. Recycler les secrétaires de l‘administration des rectorats pour « éplucher efficacement » et administrer correctement le site Internet dédié à l’éducation nationale.

Objectif n°6 : Remonter au classement PISA car la France est un « élève médiocre ». L’intelligence des élèves ne se base pas sur un savoir accumulé (comme c’est le cas actuellement en France) mais sur la capacité à créer/inventer de nouvelles technologies et sur la maîtrise d’un potentiel analytique pour aborder les problèmes holistiques de l’humanité.

Objectif n°7 : Créer une nouvelle discipline dans le primaire et le secondaire : « l’histoire des sciences » basée sur une compréhension synoptique et épistémologique de l’évolution de la pensée humaine (de -100.000 ans à nos jours).

Objectif n°8 : les programmes doivent être engendrés par le corps des enseignants. Un groupe expertise les nécessités et il réajuste rapidement les contenus des programmes. Selon ses nouveaux programmes, les élèves ne sont plus classés par âge mais par acquisition de compétences avec des grands cycles de validation (10 ans, 15 ans et 20 ans). Dans cette structure les trois premières années de l’université sont restituées à la gestion des lycées. L’université valide la Licence en une ou deux années pour aborder sereinement les Masters et les cycles de Recherche.

Voilà quelques objectifs à peaufiner pour renouveler la structure de l’éducation Nationale en France.

En France, depuis 2016 la réforme du collège est mise en place. Nous attendons maintenant la réforme du lycée pour le rentrée 2018…

 

Auteur de l’article : Patrice PORTEMANN