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J. Holcroft et la Société Moderne ?

John Holcroft est un artiste et illustrateur britannique (né le 16 juin 1971). Il est connu pour ses illustrations satiriques et politiques publiées par The Guardian, la BBC, le New York Times, le Wall Street Journal… John Holcroft se réalise depuis 1996 et il a testé de nombreux médiums et de styles au fil des ans. C’est en 2001 qu’il a commencé à travaillé numériquement mais ce n’est qu’en 2010 qu’il a créé sont style actuel de « sérigraphie ». Ses oeuvres sont réalisées dans un style des années 1950 pour révéler, avec décalage, les promesses de la technologie (post 2e guerre mondiale) et les réalités socio-professionnelles au début du IIIe millénaire. Le contraste est saisissant et les sujets fondamentaux du monde contemporain sont « purgés de sens » au détriment de l’individu pour satisfaire le Dieu Dollar.

Pour plus d’informations sur John Holcroft : http://www.johnholcroft.com/

De l’ère Atomique à l’ère Numérique

  1. L’ère atomique
  2. L’ère numérique

L’ère atomique

Mise en évidence du phénomène radioactif

L’ère atomique débute par une découverte hasardeuse de Becquerel. Un rayonnement invisible à l’œil humain impressionne une plaque photographique dans le tiroir de ce scientifique installé confortablement dans le muséum d’histoire naturelle. Par ce phénomène physique inconnu commence toute une série de recherches qui aboutissent à la découverte intime de la matière.

Minerai d’Uranium : mise en évidence du phénomène de radioactivité

Les avancées en électronique sont surprenantes avec l’utilisation de l’électron, des protons et autres neutrons, les bombes nucléaires sont terrifiantes et l’énergie produite par les centrales nucléaires rend bien des services aux utilisateurs de l’électricité…

L’énergie nucléaire enthousiasmait tous les scientifiques au milieu du XXe siècle. Et c’est normal pour un scientifique, mais les abus militaires sont terribles et le secret-défense dans ce domaine est catastrophique. Un(e) diplômé(e) d’état universitaire (un master en radioactivité), en 1999, ne pouvait être soutenu en public ! Secret défense oblige ! Mais enfin, les connaissances de la matière sont-elles soumises au secret militaire ? Bien sûr que non, il s’agit simplement d’abus étatiques qui souhaitent maintenir dans l’ignorance les masses incultes que composent un pays. En est-il ainsi ? Les masses sont-elles incultes ? Je veux bien admettre que les masses ne peuvent pas prendre de décisions communes sinon par manipulation d’intérêt particulier (partie politique, syndicat, association en tout genre…). L’existence d’Internet permet à tout un chacun, de nos jours, de se cultiver efficacement. N’oublions jamais cela, même si l’intelligence collective n’existe par encore, l’intelligence individuelle atteint des sommets dignes et nobles de la connaissance affûtée grâce aux nouveaux moyens de communications et d’informations.

Exemple avec la radioactivité

La radioactivité a modifiée notre approche du corps et de la matière. Un atome ne vieillit pas, mais un atome lourd se désintègre en suivant une loi probabiliste modélisée par une exponentielle décroissante dans le temps. Les applications de la radioactivité en médecine (Curie donne gratuitement ses brevets/procédés aux industries médicales) montrent que les soins apportés au corps humain sont basés sur des rayons c’est à dire des « médicaments photoniques ».

Mais l’on ne sait pas trop pourquoi, la Science fondamentale progresse et les conséquences sociales chamboulent ce qui peut exister dans les fondements essentiels de tout ce qui se manifeste dans la société humaine.

Exemple avec le Kosmos

Avec Pauli et son principe d’exclusion, les problèmes de l’évolution des étoiles et de l’explication des super-novaes et autres complexités du système cosmique trouvent une solution louable aux formidables quantités d’énergie libérée au cours de l’explosion d’une étoile. La connaissance profonde de la matière, le développement de la mécanique quantique et toutes études expérimentales concernant l’électricité conduisent à la réalisation des premières machines électroniques. le principe d’exclusion de Pauli est à la base des limites de la matière qui conduisent à la transcender. Dans la théorie physique, les limites de la matière sont mal comprises et elles ne sont pas prises en compte dans leur globalité…

L’holisme est mal connu, voire peu ou pas du tout, l’analyse systémique est plus soutenue en économie bien sûr à la mode du numérique excessif jusqu’à l’avidité indigeste du genre humain qui nous fait gerber. Désolé pour la vulgarité mais parfois il le faut pour comprendre

L’ère numérique

Exemple avec la technologie numérique

Prenons l’exemple d’un film qui fut tourné dans les années 80, pour comprendre qu’il n’y a pas d’ordinateur, ni d’Internet et que les téléphones ressemblent à des grosses boîtes en bakélite avec un fil torsadé entre le poste et le combiné. Notre société actuelle ne pourrait pas poursuivre son existence sans technologie numérique. Nous sommes tous conscient de ce fait là non ? Je crois bien que oui ! Imaginez le monde sans électricité, les valeurs numériques de nos comptes bancaires, nos salaires, notre identité numérique avec la carte vitale, l’assurance maladie, notre carte d’identité et nos papiers sont également numériques maintenant avec les moyens de détection et d’analyse de vérification aux douanes… Imaginez un monde sans électricité, c’est impossible, pas d’Internet ni de mail, ni de chauffage, ni de comptes bancaires… notre monde moderne s’écroule, c’est une évidence. Comment peut-on baser notre fonctionnement sociétal sur l’électricité sachant que sans elle, le monde construit s’écroule !

L’ère numérique succède à l’ère atomique, comme le XXIe siècle nous ouvre à la technologie contemporaine vers le troisième millénaire. Avec le chiffre 3, le troisième œil en Inde et ses multiples interprétations, dans le rythme des événements qui nous conditionnent parfois,  il y a toujours un bilan à effectuer. Tel un cycle à cadencer, toutes les 3 rotations d’un système, l’expérimentateur formule des conclusions pour valider, invalider mais aussi pour s’adapter toujours aux conditions de fonctionnement du système et donc aux améliorations à apporter et à supporter pour les mettre en œuvre. Le chiffre 3 est symboliquement adapté pour décrire les diverses techniques et autres rythmes de l’humanité. Peut-être sommes-nous structuré mentalement sur une architecture tri-cérébrale ?

Pourquoi une telle importance est-elle donnée au chiffre 3 ?

L’ère numérique est une petite fille de l’électricité, la mère de la science contemporaine qui prolonge nos 5 sens physiologiques vers le sixième que l’on cherche encore à exprimer correctement. Dans le monde de l’informatique, la transposition par correspondance entre la machine et la pensée est complexe et hasardeuse par définition. La pensée est abstraite et la machine est concrète au point de laisser une trace sur le plan physique. Je dois poser et affirmer d’emblée mon inquiétude face à l’évolution des machines et des algorithmes qui les commandent.

D’un point de vue théorique, la logique est à la base de l’édification des systèmes numériques. La logique est manichéenne dans les machines actuelles, commandées par un langage binaire qui laisse ou pas, passer le courant électrique. Au-delà de la dualité,  existe la trinité et son potentiel exprimée à maintes reprises par toutes les philosophies/religions du monde mais également par les mathématiques qui commencent à formaliser la « logique floue » exprimée timidement (mais surement) par les robots numériques. Pensons un instant à J. Dérida qui essaya d’approcher la « troisième voie » comme pour synthétiser les deux alternatives opposées qui, par contrebalancement, engendre un « équilibre instable » comme manifestation de l’incertain et de l’inconnu mais surtout de la créativité. De la phénoménologie chaotique à l’inspiration manifestée, la conscience humaine apprend, elle se développe et elle acquière les nécessaires techniques pour une conduite saine et équilibrée de sa vie.

Quelques chiffres sur les déchets électroniques

(2010) D’après les autorités douanières de Hong-Kong, il y aurait approximativement 36.000 containers par an (soit 20 cargos) de déchets électroniques illégaux qui transitent par le port. Seulement 40 containers par an sont « épinglés » par les douanes soit 0,1 % du trafic illégal. Et ces chiffres ne concernent qu’un seul port dans le monde ! Les sociétés gourmandes de technologies font des lois sur le recyclage, mais il n’y a aucun suivi de la chaîne de valorisation des déchets. Les firmes internationales préfèrent externaliser leur coût de recyclage pour se « laver les mains » avant même de se les salir pour traiter les déchets électroniques. C’est bien connu depuis Ponse Pilate.

L’union européenne estime que 67 % des déchets électroniques ne sont pas traités par des usines européennes aux normes.

Dans le monde, il y a eu (en 2013) 50 millions de TV écran plat vendus, mais aussi 300 millions d’ordinateurs portables et plus de 2 milliards de téléphones mobiles écoulés sur le marché. Sachant que la durée de vie d’un appareil électronique est limité dans le temps, les solutions doivent être recherchées/trouvées pour apprendre à réparer soi-même ou par la création d’une chaîne de petites entreprises locales qui réparent le matériel électronique. C’est essentiel à l’ère numérique…

Au-delà des belles vitrines de nos grands magasins remplis de produits électroniques, au-delà de l’intelligence nécessaire et du génie humain pour programmer un système informatique, au-delà des publicités qui vantent la technologie numérique et au-delà des produits financiers liés à l’électronique, il y a le non recyclage des produits usagers et les trafics aux poubelles qui dépassent largement en chiffres d’affaires le trafic de la drogue. La société mondialisée est-elle réellement développée ? Bien sûr que non ! Il y a tant de chemin qu’il nous reste à parcourir et de conscience morale et éthique qu’il nous reste à assumer que le chemin restant est bien plus long que le chemin déjà parcouru. L’humanité est jeune et la force vitale sur Terre est bien plus vieille. Nos méthodes d’analyses sont bien puériles dans une vision holistique de la réalité. Mais nous avons du mal à l’avouer.

Le numérique du futur

Projeter le futur, pourquoi ? Peut-être pour rien comme point de rencontre et souligner l’inspiration autistique de la vie. Trop de mental, de conceptions rabâchées, usitées et dénuées de profondeur finalement lorsqu’on a fait le tour d’une ronde illusoire de compréhension par analyse rationnelle. Le mental concret est justement le problème actuel de la société occidentale. Initialement, les algorithmes de l’ère primitive de la vie numérique de nos sociétés modernes, les boucles itératives du langage binaire sont organisées par dichotomie déductive. Le chemin du programme était linéaire et prévisible, programmé à l’avance.

C’est différent maintenant avec l’apprentissage profond des machines. Un algorithme n’est plus prévisible et programmé à l’avance, cela dépend des chemins empruntés par la machine qu’elle séquence, mémorise, et structure pour se balader « librement » au sein des « chemins neuronaux » que la machine découvre et utilise à bon escient ou pas. Il s’agit réellement d’intelligence artificielle et l’intelligence humaine est bien plus puissante encore mais pour combien de temps. Nous sommes globalement (processus cognitifs) plus fort que les machines mais pour combien de temps ? Déjà les machines nous grattent facilement sur les « processus itératifs » et le calcul algébrique classique voire quantique aussi (encore que). Un ordinateur calcule bien plus vite qu’un humain.

Dans les années 70-80 les ordinateurs ont permis d’aborder avec surprise la théorie chaotique des systèmes complexes et de leurs instabilités prévisibles. Les ordinateurs ne sont pas à bannir, au contraire, mais encore faut-il discerner clairement la « fonction machine » de la « fonction humain ». Dans le domaine de la créativité, l’intelligence fonctionnelle supérieure de l’humanité, nous excellons dans l’art, la musique, l’écriture romanesque ou pas… La créativité reste notre pré-carré face à l’algorithme mais pour combien de temps ? Déjà Oxford a mis en évidence la créativité d’une « machine peintre »

L’intelligence artificielle

L’intelligence humaine déjà, n’est pas finalisée  dans sa réalisation pour parler simple et pour ne pas détailler la réalité. L’intelligence artificielle existe depuis peu de temps. Disons 50 ans pour simplifier l’origine de la maîtrise d’un courant électrique lorsque le genre humaine se balade sur Terre depuis plusieurs millions d’années. Car c’est de cela qu’il s’agit, d’un courant électrique qui circule dans un fil conducteur lorsqu’un générateur contrôlé par l’homme apporte l’énergie nécessaire pour faire circuler une information identifiée à une variable enregistrée et inclue dans le programme de contrôle.

L’intelligence artificielle est née depuis une vingtaine d’années lorsque les microprocesseurs pouvaient exécuter rapidement un grand nombre d’opérations.

Les opérations générées par les algorithmes informatiques permettent maintenant de structurer les machines par autodidaxie. Le mot n’est pas utilisé à la légère.

L’intelligence artificielle permet donc d’apprendre par elle-même les nécessités optimales d’un système confiné. Par exemple pour jouer aux échecs ou au jeu de Go plus complexe, l’apprentissage autonome marche mieux que l’algorithme calculatoire ultra-puissant.

La société humaine ne prend pas suffisamment en compte le développement rapide des machines autonomes. Il suffit d’une connexion autonome en WIFI pour constater un échange d’informations entre un Smartphone et le routeur d’une maison par exemple.

La compréhension de l’électronique permet d’envisager quelques  subtilités essentielles basées sur l’existence virtuelle d’un programme informatique. Peut-on imaginer que dans le futur un super algorithme puisse trouver la solution d’une auto alimentation électrique ? L’énergie électrique alimente un système informatique aussi complexe qu’il puisse être… Sans électricité un ordinateur s’éteint. De nombreuses taches nécessaires au fonctionnement de la société humaine sont exécutées par des machines, stockées sur des serveurs et contrôlées par des algorithmes limités finalement par des seuils. Ce sont les seuils qu’il faut discerner pour gérer, à terme, l’autonomie des machines.

Les machines sont et seront encore nécessaires à la fluidité de l’information qui circule dans le réseau de la société humaine.

 

 

 

 

De la force humaine à la force future

La technicité d’une pratique permet de satisfaire les usages de l’humanité. De l’âge de pierre pour tailler un silex à l’ère atomique pour utiliser l’énergie nucléaire, l’humanité transforme les forces mises en jeu pour assouvir ses besoins. La force mécanique du bras de l’homme préhistorique taillant la pierre pour fabriquer un « racloir » lui permet ensuite de nettoyer les peaux de bête pour les porter et se réchauffer. La technique réside dans la gestuelle qui frappe au bon endroit un silex pour le tailler convenablement.

Pour extraire l’énergie nucléaire d’un atome, c’est un peu plus compliqué car cette technique se base sur une formulation théorique complexe pour en suivre les différentes étapes de conversion de la masse en énergie. Au final, on peut utiliser une énergie libérée par l’atome qui « chauffe l’eau » permettant d’entraîner (par une force de rotation) un alternateur qui produit de l’énergie électrique. La technique consiste à récupérer l’immense énergie contenue dans un gramme d’atome lourd, un atome qui devient instable par un « bombardement neutronique ».

Depuis la nuit des temps, l’humanité cherche à utiliser des « forces » qui peuvent travailler à son service. La force humaine est faible, un cheval ou un bœuf travaille mieux pour labourer la terre.

Les premières techniques ont exploitées la force animale. La civilisation Arabe a principalement développée la force de l’eau (et du vent) pour entraîner des engrenages. Puis l’Europe a exploitée la force de la vapeur puis la force électrique et enfin la force nucléaire.

Les techniques reflètent l’expression manifestée de l’exploitation d’une force. A partir de cette force, un travail est effectué. L’idée est simple mais l’évolution que nous avons suivie a été longue et jonchée de pièges et de conflits. Il est évident, par le petit diagramme ci-dessous, que la découverte des techniques et l’application des forces exploitées s’accélère nettement depuis la renaissance (1400).

De nos jours et depuis l’ère informatique et numérique (1980) les progrès réalisés à l’échelle sociale sont fulgurants car la résolution des problèmes posées est facilitée par la puissance de calcul des machines et des algorithmes.

  • Force humaine (-800.000)
  • Force animale (-10.000)
  • Force de l’eau et du vent (900)
  • Force de la vapeur (eau + feu 1600)
  • Force électrique (1800)
  • Force atomique (1900)
  • Force future ?

Quelle sera la nature de la force future ? Je vais fournir 2 hypothèses  argumentées pour les générations futures…

Hypothèse n°1 (2005) : J’imagine qu’il nous manque une connaissance expérimentale de la force électrique. La formulation théorique de la structure de la matière est incomplète. Le modèle standard est insuffisant pour aborder toutes les facettes de la matière. Je pense à une force extraite « de l’air » (de l’espace environnant), une des autres formes possibles de la force électrique. J’envisage {comme une possibilité} un système qui permettra de produire aisément de l’électricité en utilisant peu d’énergie et une technologie abordable à tout un chacun. La notion de pile en électricité est vieille de 200 ans et nous n’avons pas avancé depuis (certes nous avons amélioré les rendements). Dans ce domaine, il y a des opportunités à saisir. Mais lesquelles ? Je ne sais pas. La théorie doit encore approfondir la structure de la matière. Basée sur l’idée que la matière est de l’énergie a son point de vibration le plus bas (H.P.B.), nous trouverons certainement quelque chose d’intéressant dans cette notion.

Je souhaite nommer cette force la « force koïlonique » pour rappeler le livre qui m’a inspiré : « La chimie occulte » d’A. Besant et L.W. Leadbeater, ed. Adyar. {à détailler avec les particules élémentaires et le champ de Higgs}

Hypothèse n°2 (3500) : J’imagine également une force future de nature psychique. La technique humaine évolue nécessairement dans le domaine de la psychologie. Et c’est normal car la nature humaine structure son abstraction, sur une base animale, une abstraction consciente des réalités phénoménologiques. Alors qu’elle sera cette force psychologique du futur que l’on pourra exploiter pour engendrer un travail ? Il s’agit de la force de l’amour et plus généralement de la force psychique appartenant aux sciences noologiques. Les techniques ici présentées concernent les sciences cosmologiques…

Entre Travail et Capital

Que signifie le mot travail ?

Le mot travail est Issu d’un latin populaire (1080)  tripaliare littéralement « tourmenter » sens d’un mot dérivé d’une souche latine trepalium comme « nom d’un instrument de torture ». Le mot travail (1130) dérive du verbe « travailler » pour en signifier couramment les idées de tourment, de peine, de fatigue, de souffrance et de charge à supporter.

Alors bien sûr, la définition du travail est posée, loin de l’insistante proposition de K. Marx et des oppositions libérales outrancières et financières, c’est ainsi que l’étymologie latine fonde les bases d’une compréhension historique du mot « travail ». Et dans le sens de « supporter une charge » trabiculare est associé à l’action de travailler comme une poutre dans un bâtiment.

Goethe disait :

« Ainsi je travaille au rouet du Temps. Et je tisse pour Dieu le vêtement sous lequel tu Le vois. »

En ancien français (XIIe s.), dans un usage classique, travailler signifie « faire souffrir » comme on le voit appliqué vers 1155 spécialement pour décrire un condamné que l’on torture.

Char ami(e) lecteur/trice bienvenue dans le « monde du travail ».

Car peut-être qu’en faisant appel à C.G. Jung et à sa notion d’imaginaire collectif ou à tout autre archétype pouvant refléter le travail dans notre inconscient, on peut penser que : S’il y a autant de chômeurs dans la société contemporaine et européenne, il se peut qu’il s’agisse simplement d’une « opposition inconsciente » à la souffrance et à la torture déjà infligée depuis un millénaire lorsqu’on parle de « travail ».

Avec humour, la description est plus légère, car s’il y a autant de chômeurs à l’heure actuelle, c’est bien parce qu’une accumulation des richesses, une boulimie financière, une psychose généralisée conditionne le rythme d’une idée folle : celle de posséder le maximum d’argent ! Avec l’argent qui dort et qui ronfle dans les sombres salles des banques et autres paradis fiscaux pour certains, cet argent stocké est amplement suffisant pour faire travailler tout le monde… s’il était libéré des coffres forts et autres grilles de nos institutions financières et autres geôliers de la monnaie qui ont pignon sur rue, la vie serai plus belle et plus juste.

« Le travail vous rendra libre », « tout travail mérite salaire », entre le travail et le capital, coule une rivière qu’un squelette armé d’une faucille, essaye d’enjamber pour se libérer des contraintes douloureuses du temps. C’est le chiffre 13, l’unique chiffre que l’on n’ose pas prononcer, décrire, nommer car c’est de [la mort] qu’il s’agit. Peut-on penser que des gens sont morts au travail ? Et oui ! Cela n’est plus choquant tant il est habituel de le considérer dans l’histoire du monde et du genre humain aux multiples strates qui séparent l’humanité en deux catégories distinctes : Il y a ceux qui donnent des ordres et ceux qui les exécutent.

De là émerge un sentiment d’injustice (chez les exécutants), mais également un manque de responsabilité (chez les commanditaires). La responsabilité est l’action juste, placée au centre de la conscience humaine, alignée sur les principes élémentaires de la vie et coordonnée par l’expressivité complexe de l’amour. En France, le romantisme (tant apprécié par la littérature) a causé, et cause encore des troubles psychologiques qui maintiennent l’individu au cœur de la tempête des désirs. Le système économique et le markéting qui le révèle est basé sur la « pulsion d’achat », le « désir de posséder et l’attachement aux objets ». Mais contrairement aux romantiques qui considèrent l’amour comme l’expression exacerbée du désir, la philosophie expérimentale cherche à transcender les désirs qui s’agitent en soi pour atteindre un détachement absolu. Sage posture qui permet d’entrevoir les débuts relatifs de l’amour vécu et expérimenté.

Dans tous les petits villages de France (et d’Europe) jusqu’aux grandes agglomérations urbaines et dénaturées, il y a un marché dans lequel les gens peuvent faire leurs achats pour manger, se vêtir et combler les nécessités que la vie physique nous impose. Des marchés sous les halles typiques de Gascogne, aux supermarchés stéréotypés en tous lieux,  jusqu’aux marchés financiers, c’est une suite logique lorsque le système prône la défense primitive des instincts de survie, l’expansion de l’évolution selon Darwin nous pousse à constater que les « gros mangent les petits ». Cette image biologique de la vie est bien connue maintenant, mais nous oublions parfois, voire souvent, d’en considérer le reflet inversé, solution unique d’une solidarité généralisée et d’une humanité finalement harmonisée et équilibrée sur les bases du plus grand nombre.

On peut aisément comprendre cette succession de graphismes qui révèlent la progression d’une inexorable continuité qui tend vers l’expression évidente : « Si le gros poisson mange le petit, alors un ensemble de petits poissons peut en former un plus gros que le gros ».

Et là, influencé (que je suis) par l’iconographie symbolique et primitive d’Ouroboros, maintenant, c’est « le poisson qui se mord la queue ».

Des marchés aux supermarchés, jusqu’aux marchés financiers, il existe trois catégories de travailleurs :

  1. Les travailleurs potentiels qui n’ont pas de travail ;
  2. Les travailleurs ;
  3. Ceux qui font travailler les autres.

Des marchés aux supermarchés, jusqu’aux marchés financiers, il existe deux catégories de somme monétaire :

  1. L’argent reçu comme rétribution d’un travail réel c’est-à-dire réalisé sur le plan physique ;
  2. L’argent dématérialisé, spéculé puis enregistré comme rétribution d’un choix probabiliste c’est-à-dire conceptualisé sur le plan théorique d’une abstraction financière. {88 % de taxe}

J’imagine que la philosophie expérimentale concerne l’empirisme nécessaire pour vérifier, intégrer en soi et parmi les autres, des théories expérimentalement vécues. De là émerge l’image du voyageur, celui qui parcourt le plan physique (en toute mobilité) et par quelques envolées mentales, s’immergent dans les théories les plus folles en matière d’abstraction.

On peut imaginer et codifier une structure élémentaire dans laquelle se côtoie deux ensembles bien distincts :

  1. L’ensemble des théories soumises à l’abstraction mathématique ;
  2. L’ensemble des conceptualisations humaines et des actes résultants de la conscientisation/individuation.

{Individuation selon Socrate, Avicenne (principium individuationis), Maïmonide, d’Aquin (individuatio), Leibnitz, Jung…}

Modélisation du système économique

Quelques passages extraits des œuvres fondatrices de l’économie :

Partout où il y a injustice, il y a aussi des actes injustes commis ; mais partout où des actes injustes sont commis, il n’y a pas toujours injustice ; c’est-à-dire volonté ou dessein de s’attribuer, [plus qu’on en a le droit], des biens pris dans un sens absolu, et moins des maux pris dans le même sens. Voilà pourquoi nous ne souffrons pas que l’homme commande ; mais nous voulons que ce soit la loi ; parce que l’homme ne consulte que son propre intérêt, et devient tyran.

Mais le magistrat est le gardien de la justice ; et s’il est de la justice, il l’est aussi de l’égalité. Cependant, s’il est juste, il ne prétend, sous aucun rapport, à des privilèges particuliers ; car il ne s’attribue à lui-même une part plus grande du bien en soi qu’autant qu’elle se trouve dans la proportion autorisée ou prescrite par la justice et par la loi. Aussi est-ce pour l’intérêt des autres qu’il travaille ; et c’est par cette raison qu’on dit que la justice est le bien d’autrui, ainsi qu’il a été remarqué précédemment. Il faut donc lui accorder un salaire, et ce salaire est l’honneur et la considération. Tous ceux à qui cela ne suffit pas, ne saurait être que des tyrans.

Aristote, Éthique à Nicomaque, Livre V.

Un homme est riche ou pauvre, suivant les moyens qu’il a de se procurer les choses nécessaires, commodes ou agréables de la vie. Mais la division une fois établie dans toutes les branches du travail, il n’y a qu’une partie extrêmement petite de toutes ces choses qu’un homme puisse obtenir directement par son travail ; c’est du travail d’autrui qu’il faut attendre la plus grande partie de toutes ces jouissances ; ainsi, il sera riche ou pauvre, selon la quantité de travail qu’il pourra commander ou qu’il sera en état d’acheter.

Ainsi, la valeur d’une denrée quelconque pour celui qui la possède et qui n’entend pas en user ou la consommer lui-même, mais qui a intention de l’échanger pour autre chose, est égale à la quantité de travail que cette denrée le met en état d’acheter ou de commander.

Le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise.

Le prix réel de chaque chose coûte réellement à celui qui veut se la procurer, c’est le travail et la peine qu’il doit s’imposer pour l’obtenir. Ce que chaque chose vaut réellement pour celui qui l’a acquise et qui cherche à en disposer ou à l’échanger pour quelque autre objet, c’est la peine et l’embarras que la possession de cette chose peut lui épargner et qu’elle lui permet d’imposer à d’autres personnes.  Ce qu’on achète avec de l’argent ou des marchandises est acheté par du travail, aussi bien que ce que nous acquérons à la sueur de notre front. Cet argent et ces marchandises nous épargnent, dans le fait, cette fatigue. Elles contiennent la valeur d’une certaine quantité de travail ; que nous échangeons pour ce qui est supposé alors contenir la valeur d’une quantité égale de travail. Le travail a été le premier prix, la monnaie payée pour l’achat primitif de toutes choses.

Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations,

Chapitre 5 – Du prix réel et du prix nominal des marchandises ou de leur prix en travail et de leur prix en argent.

 

Le Monde Arabe

Le premier calife[1] des Abassides (Al Manza ou Al Mansùr 712-775) fit traduire tous les livres des Grecs pour fonder une université et une bibliothèque à Bagdad où les Européens allaient chercher le savoir, sur les terres de l’ancienne Mésopotamie et de la science antique d’orient, sauvegardée et transmise par les Arabes.

En astronomie, par exemple, c’est la réduction des théories de Ptolémée en tables, le perfectionnement des instruments de mesure et la multiplication des observations qui révèlent des erreurs sur le temps de révolution de la lune, sur les éclipses solaires, les positions respectives de mercure et de vénus par rapport au soleil… Les Arabes calculent précisément la précession des équinoxes (Al Batani vers le Xe siècle).

Al Batani disait : « … Pour découvrir la vérité, il faut faire des observations d’une manière continue, et corriger les anciennes déterminations au moyen de celles qui auraient été obtenues ultérieurement, de même que ceux qui sont venus avant nous ont corrigé les observations de leurs prédécesseurs. » Les Arabes approfondissent de nombreux traités de Physique, de tables astronomiques, de données médicales… Ils découvrent de nombreux acides et alcools, ils formalisent la chimie et ils ouvrent les voies de la métallurgie (préparation d’alliages).

L’hommage rendu aux arabes est insuffisant car ils ont perpétué/amélioré les souvenirs des temps reculés. En Iran, les perses représentent, dans ce sens, une attitude exemplaire. De nombreuses années se sont écoulées avec des représentations erronées sur le peuple arabe. En effet, les catholiques ont contrôlés (sans vergogne) les dires et les non-dits de la pensée dominante du deuxième millénaire de notre ère. Même le 20ième siècle est entaché des erreurs commises par la communauté chrétienne. Il faut le reconnaître maintenant pour œuvrer à l’inverse de ce qui fut pratiqué ; Et ceci, malgré la problématique géopolitique qui émerge des États-Unis depuis 2001 entre les occidentaux (chrétiens) et l’Islam. Il ne faut pas se laisser déborder émotionnellement par cet enjeu économico-culturel qui, comme dans les temps passés, considère les arabes comme des barbares.

Mais nous savons maintenant que l’apport scientifique des arabes est énorme et que, c’est bien grâce à eux, que nous avons pu avoir accès aux connaissances des grecs puisqu’ils ont traduit et améliorés les théories et autres abaques nécessaires à la conception d’un formalisme scientifique.

L’Empire musulman

Le fondement de cette civilisation est l’Islam (soumission). Cette nouvelle religion apparaît dans la péninsule Arabique et le croissant fertile (Ancienne Syrie, Palestine, Irak) qu’Ahmed Djebbar[2] définie comme étant le centre (pouvoir central) alimenté ensuite par la Perse, L’Égypte, puis l’Afghanistan, le Turkestan, le Maghreb et finalement l’Espagne. Même si la partie asiatique débouche sur les steppes de l’Asie centrale, je doute fort que des échanges importants[3] (philosophie et conceptions étatiques) se soient finalisés avec les chinois.

Cette civilisation établit des contacts avec L’Europe et le Nord de l’Afrique par la Méditerranée et l’Asie Mineure mais également avec l’Éthiopie (mer rouge), l’Inde (control de l’océan indien), puis le long des côtes africaines jusqu’aux îles Zanzibar (Mozambique), Madagascar…

Situé entre l’Empire Byzantin et l’Empire Perse, l’Empire Musulman se développe sur les terres de très anciennes civilisations ; n’oublions pas l’héritage qu’elles leur ont légué pour comprendre l’essor rapide de la science Arabe. Jusqu’en 661, le pouvoir central est en Arabie, mais elle conserve seulement le pouvoir religieux après l’arrivée des Omeyyades au pouvoir (origine syrienne qui font suite aux Sassanides).

L’Empire Byzantin succédait à la partie orientale de l’Empire Romain (définitivement effondrée en 476). Au VIIe s. le pouvoir central byzantin s’affaiblit (Héraclius Ier 610-641), la Perse était une puissance agricole dirigée par une oligarchie militaire sur le plan politique et par le mazdéisme sur le plan religieux même si le judaïsme et la philosophie des Sabéens[4] étaient tolérés. Entre les deux empires, les tribus arabes sont partagées comme les Ghassanides (chrétiens « orthodoxes ») et les Lakhmides (orientés vers les Perses). L’Empire Perse va s’effondrer rapidement sous les attaques répétées des musulmans (634-651), par contre, Constantinople ne sera prise qu’en 1453 par les troupes ottomanes[5].

L’Islam débute son existence sur les « terres enrichies et cultivées » par de très anciennes civilisations (Hittites, Sumériens, Assyriens…) ayant construit  de grandes et belles cités, mais surtout ayant développé l’agriculture, l’artisanat, l’art de la guerre et du pouvoir politique, l’écriture, les mathématiques, la physique, l’astronomie, la philosophie…

Déjà les grecs avaient utilisé cette connaissance des anciennes civilisations notamment en Asie Mineure et leurs villes phares se nommaient Alexandrie mais aussi Harran, Antioche, Edesse…

L’Islam reçoit donc un héritage considérable et contrairement à d’autres conquérants, l’Islam recueille, apprend, fait fructifier, développe… les synthèses nécessaires à une vraie formalisation des sciences.

Le Prophète de l’Islam : Muhammad

Il est né vers 570 d’une famille Abbasside de souche, Muhammad commence sa prédication vers 610 (premiers versets du Coran) mais des oppositions et des pressions se manifestent au sein de sa communauté. Son message coranique de La Mecque concerne essentiellement la théologie (dogme musulman) mais c’est en 622 que, persécuté, il quitte cette ville pour Médine avec quelques fidèles. C’est l’Hégire, l’Exil qui marque le début du calendrier musulman. A Médine, le Prophète prêche et fait de la politique (dans le sens d’Aristote). Il prend le pouvoir et  commence à édifier une structure étatique, une cité islamique canalisée par des principes fondamentaux (versets médinois du Coran de 622 à 632).

Le corpus musulman rassemble donc le Coran (écriture sainte transmise par télépathie) et le Hadith qui concerne la pratique du Prophète, ses paroles, ses silences… Le gouvernement d’une cité islamique est basé sur l’édification d’une « cité multiconfessionnelle », du respect de l’autre et de son intégration, qu’il s’agisse de juifs, de chrétiens ou autres… De toutes confessions, un citoyen pouvait faire de la politique et « rentrer dans le gouvernement » pour participer activement à la cité islamique. Cette possibilité était très novatrice pour l’époque, les cités islamiques se développent très rapidement pour cela, car il y a intégration de l’autre (même si les non-musulmans payaient un impôt supplémentaire).

Lorsque le Prophète meurt en 632, rien n’était prévu pour sa succession[6] donc une lutte ouverte pour le pouvoir intervient entre les proches du Prophète. Les quatre premiers califes se succèdent jusqu’en 661, se sont les « bien guidés[7] » tous vivants au côté du Prophète, les deux derniers sont ses gendres dont Ali (calife de 656-661), fils de Fatima, elle même fille de Muhammad le prophète. Ali est assassiné (par Ibn Moljam, un Khârijite – un séparatiste – en 661 dans une lutte de pouvoir avec Mu Awiyya[8] gouverneur de Syrie et chef de famille d’une branche du Prophète. Ensuite, Mu Awiyya se proclame calife et il transfère la capitale de l’Empire musulman de Médine (Arabie) à Damas (Syrie). Quatorze califes de la famille des Omeyyades se succèdent en moins d’un siècle. Les conquêtes de territoires sont fulgurantes : toute l’Arabie puis la Syrie (634), la Mésopotamie (635), l’Égypte (642), la Perse (634-651), Chypre (649), le Maghreb (à partir de 647) et la péninsule ibérique (à partir de 711 par les Omeyyades). Il est évident que ces conquêtes, malgré l’altruisme novateur des musulmans, n’ont pas été réalisées « la fleur à la pointe de l’épée ».

Il n’y avait que quelques milliers de cavaliers au début, puis les troupes recrutent sur place sans difficulté. De nombreuses personnes sont convaincues de suivre la nouvelle religion tolérante (pour les monothéistes) et qui n’impose rien aux non-musulmans (sauf un impôt). Les premiers pays conquis sont surtout composés de chrétiens qui « adhèrent à l’Islam et à son discours d’ouverture[9] » pour s’opposer au pouvoir central de Byzance. Ces conquêtes sont très rapides et il est même arrivé qu’un calife, pour des raisons économiques, freine les conversions à l’Islam car les non-musulmans versés un impôt et cela diminué d’autant les recettes. Par contre, une partie du Maghreb (tribus berbères) s’oppose à l’Islam mais après contournement, les conquêtes se poursuivent. A l’est, l’empire musulman s’étend jusqu’en Asie centrale (rivière Talas, 750).

Des Omeyyades aux Abbassides

Au temps du Prophète : Sassanides

Après l’assassinat d’Ali (gendre du Prophète), les Omeyyades (branche familiale de Syrie) s’installe au pouvoir pendant un siècle.

Le dernier calife Omeyyade régnant (Marwan II, 744-750) est tué, ainsi que la plupart des chefs du clan (sauf Ab dar-Rahman qui va fonder une dynastie Omeyyade en Espagne) par une autre branche familiale du Prophète venant de Perse (par son oncle Abbas Ibn Abd al-Muttalib). Ce renversement résulte de rancœurs liées à l’assassinat d’Ali mais également à la montée des élites persanes au sein de l’armée et de l’administration persanes. C’est le règne des Abbassides qui atteint son âge d’or au XIe siècle.

Le « petit règne des Omeyyades » installe donc, les préceptes fondamentaux de la cité musulmane en tous lieux conquis. Les échanges commerciaux sont développés et taxés, des bibliothèques privés (et semi-privé) sont constitués (comme celle du calife al-Walid Ier) à partir des livres latins récupérés par Tariq Ibn Ziyad (général de l’armée et contemporain du Prophète) lors de la conquête d’Espagne.

Les califes utilisaient les structures étatiques préexistantes et, d’une manière générale, la puissante centralisation des Byzantins et des Perses. A l’époque des écrits du calife Abd al-Malik (685-705), les documents officiels étaient authentifiés par d’anciens cachets de Constantinople portant la croix et la profession de foi chrétienne.

Le gouverneur de Perse as-Saffah (750-754) lance son offensive contre Damas et fonde sa nouvelle dynastie Abbasside. Les perses drainaient déjà toutes les richesses venant d’orient, les marchandises agricoles et artisanaux, les épices, l’encens… ; Toutes ses produits étaient taxées puis revendus aux marchands byzantins. Les Abbassides installent donc une « vision internationale » à la structure de l’empire musulman et ce contrôle du commerce s’étend vers l’Asie et l’Afrique, mais aussi sur toute la méditerranée (après l’élimination des Byzantins) et même l’Europe du sud.

Le pouvoir des Abbassides résiste au temps, de l’an 750 à 1258, date à laquelle le dernier calife est tué par les Mongols. Dans les faits, la dynastie des Abbassides s’achève en 1055 lorsque les troupes Seljoukides[10] (sensées être à leur service) les ont destitués.

Avec quelques dates, d’après le point de vue des historiens musulmans, le déclin de l’empire musulman s’est déroulé chronologiquement ainsi :

Les offensives chrétiennes

  • 1063      Perte de la Sicile
  • 1081      Siège de Mahdiya (Maghreb)
  • 1085      Chute de Tolède (Espagne)
  • 1099      1er croisade et chute d’Antioche et de Jérusalem
  • 1147      2e croisade et chute de Tripoli
  • 1177      Défaite almohade à Santarem (Espagne)
  • 1187      3e croisade et victoire des armées de Saladin (Salàh ad-Dïn)
  • 1202      4e croisade et chute de Constantinople
  • 1212      Défaite almohade à Las Navas de Tolosa (Espagne)
  • 1218      5e croisade (Orient)
  • 1228      6e croisade dirigée par Frédéric II (Orient)
  • 1248      7e croisade dirigée par Saint Louis (Egypte)
  • 1270      8e croisade dirigée par Saint Louis (Maghreb)
  • Les offensives Mongols
  • 1218-1227           Première offensive (chute de Samarcande, Ravy…)
  • 1231-1241           Deuxième offensive (réoccupation de l’Asie centrale, occupation de la Russie, de la Pologne et de la Hongrie)
  • 1257-1261           Troisième offensive (chute de Bagdad et de Damas)
  • {quelques lignes sur les Ottomans… et l’origine des Turcs}

[1] Calife : « lieutenant » de Dieu.

[2] Une histoire de la science arabe, d’Amed Djebbar (entretiens avec Jean Rosmorduc), éditions SEUIL, Points Science S144.

[3] Néanmoins, il est vrai que des échanges de technologies ont eu lieu (des chinois vers les Arabes).

[4] Sabéens : néoplatoniciens qui vénéraient le Soleil et la Lune…

[5] N’oublions pas que les croisades des chrétiens d’occident ont grandement affaiblies Constantinople et surtout la quatrième croisade (1202) qui était dirigée contre elle.

[6] Cela est étonnant car les grands hommes pensent toujours au futur…

[7] Abù Bakr (632-634), Umar (634-644), Uthman (644-656) et Ali (656-661). C’est Uthman, une vingtaine d’années après la mort du Prophète qui a fixé définitivement le texte du Coran (récitation).

[8] Mu Awiyya était le conquérant de l’Égypte (642). Uthman était son cousin et il n’acceptait pas son assassinat. Mu Awiyya exigeait que le meurtrier  (en fait, il s’agissait d’un groupe de rebelle de l’armée d’Égypte et partisans d’Ali au début de son califat) soit puni. Mais Ali considérait que sa mort ne dépendait que de ses actes malveillants…

[9] Ouverture se dit fath en arabe c’est-à-dire ouverture de l’espace, ouverture à la lumière, ouverture de libération…

[10] Victoire de l’orthodoxie sunnite sur l’influence grandissante des shiites persans. Globalement, les perses étaient pour une « descendance filiale et divine » du prophète, d’où leur attachement à Ali…

De l’Orient vers l’Occident

A l’origine des civilisations, la portée des sciences est (à priori) exclusivement utilitaire. Même les mathématiques sumériennes, égyptiennes ou chinoises ont une portée seulement utile ou pédagogique dans les calculs de construction, de mesures diverses ou d’organisation de la cité. Les grecs ont apportés à l’humanité une forme d’abstraction supplémentaire, une ébauche de généralisation dans les raisonnements. Malheureusement, les romains n’ont pas prolongés cette initiative…

Les méthodes scientifiques sont considérées comme rigoureuses (méthodes déductives) à partir des travaux de l’École de Pythagore {voir logique I}. L’approche scientifique des faits dérive d’une observation « sensorielle » à partir d’Aristote. Même à cette époque, la science est toujours considérée comme une philosophie naturelle.

Les termes à distinguer puis à associer pour restituer le contexte étymologique et historique sont :

  • Epistêmê (grec) : savoir théorique
  • Gnôsis : connaissance
  • ‘ilm darûrî : connaissance nécessaire
  • ‘ilm riyâdî : science mathématique
  • Scientia : connaissance qui dérive de scientis « de celui qui sait »
  • Scire : savoir et parfois (période impériale) décider, décréter

Le philosophe est « l’ami de la sagesse », l’être qui cherche simplement à connaître puis à intégrer ce savoir et cette compréhension du monde pour en restituer la « synthèse progressive au service de l’humanité ».

Au VIe siècle, Boèce traduit Aristote et il inclut, sur des bases latines, le terme scientificus pour désigner tout ce qui est de nature scientifique.

Les Arabes ont certainement hérité du travail des byzantins et des perses. Les médecins de Bagdad, sous la dynastie des Abbassides, ont traduit un nombre considérable d’ouvrages comme des encyclopédies scientifiques et autres documents provenant des ioniens, des grecs, et des védas. Néanmoins, l’on retrouve quand même les « traditions douteuses » du papyrus de Thèbes qui indiquent comment fausser les métaux pour les colorer en or, comment fabriquer des pierres précieuses ; informations que l’on retrouve en Europe occidentale (Espagne) jusqu’au X° siècle dans « Kitab-al-Fihrist » c’est-à-dire le « Livre de l’Artisan » rédigé par un certain Al-Nadim. Et c’est au XII° avec Robert Castrensis que cette connaissance alchimique transite par les Pyrénées avec un ouvrage nommé « Liber de compositione alchemiae » puis en 1572 apparaîtra une compilation beaucoup plus vaste qui s’intitula : « Artis auriferae quam chemian vocant » c’est-à-dire « l’art de faire de l’or qu’on appelle la chimie ».

Au XII° siècle lorsque le savoir Arabe arrive en occident via l’Espagne, les scientifiques arabes savaient préparés le sel ammoniac, l’acide sulfurique, l’acide azotique, l’eau régale (pour dissoudre l’or). Ils utilisaient également le nitrate d’argent (NO3- ; Ag+) c’est-à-dire la pierre infernale, la litharge, le minium, tous les amalgames (alliages métalliques) et certains sulfures métalliques le cinabre et l’orpiment. Ils utilisaient (bien sûr) des alambics pour obtenir l’alcool pur et toutes sortes de distillats.

Tous ces termes, alchimie, alambic, alcool, alcalins,…, sont issus des recherches scientifiques des Arabes. Au XIe siècle, l’Europe est une communauté inculte ; lorsqu’une cathédrale chrétienne compte une centaine de livres, à la même époque, le centre culturel de Cordoue dénombre plus de 80.000 livres. C’est en 1085 qu’Alphonse VI pénètre à Tolède par la porte qui porte maintenant son nom. C’est à Tolède que les livres et toute la sagesse contenue sont découverts pour la première fois. Les lettrés juifs et Arabes parlaient également espagnol, tous les savants européens affluaient donc vers ce centre de culture pour y apprendre les mathématiques, l’astronomie, la philosophie…

C’est ainsi que pour la première fois, on retrouve les chiffres indous (1, 2, 3…) sur les poutres d’une cathédrale anglaise en 1245. Les Arabes avaient adopté le système de numération indou (Système positionnel avec 1 et le zéro associé à 1 pour former 10 puis 100…) à partir du VIIIe siècle. Le savoir récupéré à Tolède commence donc à se propager en Europe et l’on voit s’ériger les premières universités du monde occidental (Toulouse, Montpelier…). Dans les centres culturels chrétiens, se développe donc le « savoir laïque » comme par mimétisme de la culture Arabe. Ce sont les ouvrages d’Aristote qui fascine le plus puisqu’il s’agit de raison, de logique et d’arguments ordonnés pour former un discours.