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Education Scolaire – Intro

« Maintenant, le temps est venu de parler. J’ai bien conscience que je vais soulever une controverse considérable en disant que les méthodes éducatives si glorifiées de cette ère sont une illusion et un piège, que des milliers et des milliers d’hommes et de femmes formés dans les collèges ont détruit leur capacité d’affronter la vie et ses responsabilités, et qu’ils se tournent maintenant vers les affaires ou encore couvrent de honte les professionnels dont ils se croient les phares. Tant et aussi longtemps que l’idéal actuel de la véritable civilisation sera basé uniquement sur la richesse, l’homme se satisfera des résultats de l’éducation actuelle ; et, jusqu’à ce que la véritable idée du bien commun soit présente dans l’esprit de tous, de façon permanente, le collège moderne ira à sa perte comme plusieurs autres institutions contraires à la vérité. »

Leçon 334 – Cultiver le sol / Les enseignements du Temple, vol. 3 p. 8 / www.editions3m.com

Introduction corrosive

L’école fabrique des machines à penser, dénuées de sens commun pour faire face à la réalité et on peut se poser la question suivante : les enfants cultivent-ils le sol à l’école pour connaître une véritable chose essentielle à la vie ? Cultiver le sol terrestre pour manger, c’est la base non ? Mais c’est impossible, l’éducation scolaire cultive le « sol cérébral » des enfants pour en faire de parfaits petits soldats dans l’illusion d’un monde matériel. Nous sommes actuellement portés exclusivement par la richesse et la sélection/compétition des enfants entre eux. Notre système scolaire est une honte au genre humain, à la vérité et au bon sens. J’ai intégré l’Education Nationale il y a 26 ans déjà, de maître d’internat à adjoint de direction, des histoires, j’en ai pléthore, mais le constat est sans appel : les plus faibles sont écrasés et les plus forts sont lobotomisés par l’apprentissage mental. Que la faiblesse soit cognitive ou financière. Le système lui-même est sclérosé malgré les efforts récents, il faut l’avouer, du conseil supérieur des programmes qui a fait un super travail difficilement applicable sur le terrain par l’inertie du corps enseignant. J’ai piloté la dernière réforme du collège dans un ensemble scolaire d’une centaine de profs, les programmes sont bien pensés mais les pratiques des enseignants et leur formation sont difficilement adaptables à l’interdisciplinarité, à la co-intervention en classe, à la pédagogie par projet… J’y reviendrai.

Ma critique est acerbe, mais l’apprentissage de la docilité est catastrophique. Ma fille est en classe de 6e, dans l’enseignement public, elle est toute la journée en classe, elle doit porter un masque actuellement, elle rentre du collège (quand on peut la récupérer en fonction de notre travail vers 17h30 en moyenne) et elle passe encore au moins 1h30 pour faire ses devoirs. Levée à 7h du matin, vers 19h elle est au bout du rouleau. Pauvre enfant ! Que peut faire un parent d’élève ?

Dans cette critique acérée en introduction, la parole est une arme, les mots sont tranchants et jamais suffisamment pour impacter assez le lecteur ou la lectrice dans la clarté énoncée et la rapidité expliquée. Mais l’école qui fabrique des « machines à penser », c’est la droite ligne en France du collège, lycée général, classes préparatoires, , sciences po, polytechnique, ENA… Je n’inclue pas les lycées professionnels ni les lycées des métiers, les lycées agricoles ni certaines formations dans les universités, les IUP, certaines écoles d’ingénieurs ni les écoles d’arts… Je parle clairement d’un problème grave au niveau de la « voie royale » de l’Education Nationale. Je répète aussi que les réformes récentes du collège et du lycée général étaient bien pensées mais que l’inertie du corps enseignant, les intérêts particuliers de certaines disciplines (comme les maths), les syndicats… et tous les rouages de la machine ne permettent pas de rendre efficient sur le terrain une bonne réforme malgré tout. Elle se délite petit à petit d’elle même. L’administration a sa part de responsabilité aussi, tactique bien connue des énarques, pour faire bonne impression comme les « devoirs faits » dans la réforme du collège, l’idée est bonne mais les moyens alloués sont tellement ridicules que c’est impossible de mettre en place sur le terrain, ou de manière si infime que les « devoirs faits » ne le sont pas à l’école mais bien à la maison. Effet d’annonce, communication, les énarques privilégient l’information à la réalisation. Ils se donnent bonne conscience dans l’image, mais limitent volontairement l’efficacité dans les faits par le peu de moyens alloués.

Plaidoyer pour les lycées professionnels

L’éducation scolaire est une grosse machine. Un collège est très différent d’un lycée professionnel. Un prof de collège ou de lycée général n’a pas d’expérience dans le « vrai monde » au delà des grilles scolaires et de l’apprentissage hors sol. Par contre, un prof de lycée professionnel (et/ou d’apprentissage), souvent, possède une expérience dans le vrai monde du travail. Et les élèves bien sûr acquièrent un savoir pratique dans le domaine expérimental de la vie d’un secteur professionnalisant avec de longues périodes de stage en entreprise. La pédagogie en lycée professionnel est toujours innovante et adaptée.

Le bon prof est celui qui révèle en chacun ce qu’il a de meilleur. Le prof est un révélateur, un agent intermédiaire entre le futur et l’intuition pour en stimuler une des facettes de la personnalité en apprentissage. C’est une vocation en ce sens, une prégnance de l’être instructeur et tout commence par la maîtrise certaine de son art. Le prof peut se tromper, il peut approximer et l’exprimer comme tel, mais sa connaissance est ample, précise sur certains points et ouverte aux questionnements fondamentaux de la matière qui permettent de faire émerger naturellement, en tout un chacun, la puissance d’une certaine forme de compréhension.

Les Égyptiens antiques disaient : « Savoir, Vouloir, Oser, Se Taire »

Les Grecs disaient : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre »

G. I. Gurdjieff disait : « Savoir, Comprendre, être »

Toute maxime est bonne pour comprendre et appliquer un enseignement. C’est comme pour la république française : « Liberté, Egalité, Fraternité »…

Une « prof à l’ancienne » s’exprime pour la promo de son livre qui démonte Blanquer (Ministre de l’Education Nationale) :

Claude Meunier n’a rien compris à la réforme du lycée général. Il y a une confusion entre un cours (savoir) et une activité (compréhension). Le développement cognitif de l’enfant n’est pas uniquement basé sur l’acquisition en mémoire d’un savoir. Ce qu’elle critique comme activité, c’est son incapacité en tant que prof à laisser tomber ses fiches de cours pour différentier son enseignement. Le savoir est maintenant contenu dans les disques durs des machines. Mais une machine est bête tant qu’elle n’a pas l’autonomie pour organiser et exploiter son savoir. Alors qu’un humain le peut en se basant sur le « savoir inerte » des machines. C’est là que la créativité et la compréhension de l’enfant prend du sens mais surtout pas dans un « cours magistral ». C’était pareil avant avec les livres mais tout le monde n’avait pas accès à ce savoir, trop cher. Maintenant l’accès presque gratuit du savoir sur Internet change tout qu’il s’agisse de l’individu ou d’un apprentissage scolaire.

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