Information et Cognition

Le dialogue se fige dans les oppositions manichéennes de l’analyse rationnelle.
Le « débat citoyen » peut prendre de l’envergure s’il efface de son langage les insultes puériles et inutiles.

Il semble évident que nous allons droit dans le mur… nous allons rebondir sur le fronton de l’irresponsable attitude des hommes et des femmes libres dans un pays « civilisé  » qui renvoie la balle du sectarisme ambiant. Mais une personne libre de s’exprimer pousse souvent le cri du cœur dans le désert. Certains journalistes professionnels condamnent donc les « rédacteurs citoyens ». Même si les fines lames des plumes urbaines grattent le papier des informations qui submergent nos consciences autonomes, n’est-ce pas une chance (pour tous), à l’aube du 21ième siècle, de pouvoir échanger librement son point de vue sur l’état actuel de la société ? Internet le permet, pourquoi devrait-on s’en priver ? Une société démocratique n’y gagne-t-elle pas à jouer sur le terrain d’une communication rapide et exprimée par chacun et pour tous ? A l’aube d’une civilisation mondiale émergente, n’est-il pas raisonnable de contrebalancer l’information spécialisée et l’interprétation localisée d’une des activités humaines comme en économie, par une généralisation des approches holistiques du genre humain dans la biosphère ? Pourquoi le spécialiste, l’expert, dans un des domaines de l’expression humaine, vient nous expliquer le monde qu’il découpe en tranche pour mieux l’analyser. La partie d’un tout contient-elle assez d’informations pour réguler l’ensemble ? La Méthode d’Edgar Morin ne montre-t-elle pas suffisamment l’inter-dépendance psycho-socio-culturelle en l’homme, la femme et son environnement naturel et/ou cognitif ?

En voyage dans certains pays, comme « reporter citoyen », j’ai constaté que la masse se désolidarise du pouvoir en place. En général, les informations ne nous informent pas, elles endorment nos consciences éveillées sur les doux nuages de l’analyse objective d’un monde sclérosé par la pensée unique (propre à chaque pays) et dominé par l’orgueil, le pouvoir et l’égoïsme.

La théorie de l’information de Shannon, utile en physique statistique, pour valider la théorie empirique de Boltzmann, est mal interprétée (à mon avis) dans les écoles de journalisme… Ce n’est pas parce qu’une information a peu de chance de se produire, qu’elle est importante ! On s’en fout qu’un train déraille non loin de la borne kilométrique « x »… Par contre, il faut informer le public qu’une pensée libre est essentielle pour l’individu et que la conscience nourrie à la bouillie de l’inter-disciplinarité est la seule alimentation valable pour vivre une citoyenneté au IIIième millénaire.

Que l’apprentissage de la conscience de soi remplace la culture de la conscience de masse…

Je pense que nous sommes à l’aube de changements plus importants que l’imagination ne nous le permet. Le modèle économique doit sombrer dans ses échecs excessifs de croissance et admettre qu’un système financier sans le règne humain est inutile ! Pourquoi tous les spécialistes économiques nous expliquent-ils que le rôle de la finance n’est pas de faire du social ? Parce que les équations mathématiques du système ne peuvent inclure avec suffisamment de pertinence la « variable homme ». Parce que les rois de la terre, les grands, les puissants votent les mêmes décrets qui scellent l’expression du Pouvoir, de l’Orgueil et de l’Egoïsme.

Auteur de l’article : Patrice PORTEMANN