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Géographie, relations internatrionales…

Apocalypse de Jean

Dernier texte de la Bible, il s’agit d’un mythe symbolique, apocalyptique dans le sens de révélation puisqu’il n’y a que des descriptions oniriques, des visions… Un récit dans l’imaginaire des symboles, des bêtes, des catastrophes, de la civilisation humaine et ses turpitudes/aventures qui perdurent dans l’élan inévitable qui conduira au chaos, car les raisins sont mûrs, les vendanges représentent les « sentences » du Jugement Dernier. J’ai écris le texte ci-dessous (pdf) il y a 14 ans (tempérance), il s’agit de correspondances, d’interprétations symboliques d’Orient et d’Occident pour essayer de déchiffrer ce récit de l’Apocalypse biblique qu’est pour le moins surprenant. J’ai essayé de garder l’écoulement fluide d’un langage oral près du feu comme pratiqué dans l’ancienne tradition orale.

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Entre Travail et Capital

Que signifie le mot travail ?

Le mot travail est Issu d’un latin populaire (1080)  tripaliare littéralement « tourmenter » sens d’un mot dérivé d’une souche latine trepalium comme « nom d’un instrument de torture ». Le mot travail (1130) dérive du verbe « travailler » pour en signifier couramment les idées de tourment, de peine, de fatigue, de souffrance et de charge à supporter.

Alors bien sûr, la définition du travail est posée, loin de l’insistante proposition de K. Marx et des oppositions libérales outrancières et financières, c’est ainsi que l’étymologie latine fonde les bases d’une compréhension historique du mot « travail ». Et dans le sens de « supporter une charge » trabiculare est associé à l’action de travailler comme une poutre dans un bâtiment.

Goethe disait :

« Ainsi je travaille au rouet du Temps. Et je tisse pour Dieu le vêtement sous lequel tu Le vois. »

En ancien français (XIIe s.), dans un usage classique, travailler signifie « faire souffrir » comme on le voit appliqué vers 1155 spécialement pour décrire un condamné que l’on torture.

Char ami(e) lecteur/trice bienvenue dans le « monde du travail ».

Car peut-être qu’en faisant appel à C.G. Jung et à sa notion d’imaginaire collectif ou à tout autre archétype pouvant refléter le travail dans notre inconscient, on peut penser que : S’il y a autant de chômeurs dans la société contemporaine et européenne, il se peut qu’il s’agisse simplement d’une « opposition inconsciente » à la souffrance et à la torture déjà infligée depuis un millénaire lorsqu’on parle de « travail ».

Avec humour, la description est plus légère, car s’il y a autant de chômeurs à l’heure actuelle, c’est bien parce qu’une accumulation des richesses, une boulimie financière, une psychose généralisée conditionne le rythme d’une idée folle : celle de posséder le maximum d’argent ! Avec l’argent qui dort et qui ronfle dans les sombres salles des banques et autres paradis fiscaux pour certains, cet argent stocké est amplement suffisant pour faire travailler tout le monde… s’il était libéré des coffres forts et autres grilles de nos institutions financières et autres geôliers de la monnaie qui ont pignon sur rue, la vie serai plus belle et plus juste.

« Le travail vous rendra libre », « tout travail mérite salaire », entre le travail et le capital, coule une rivière qu’un squelette armé d’une faucille, essaye d’enjamber pour se libérer des contraintes douloureuses du temps. C’est le chiffre 13, l’unique chiffre que l’on n’ose pas prononcer, décrire, nommer car c’est de [la mort] qu’il s’agit. Peut-on penser que des gens sont morts au travail ? Et oui ! Cela n’est plus choquant tant il est habituel de le considérer dans l’histoire du monde et du genre humain aux multiples strates qui séparent l’humanité en deux catégories distinctes : Il y a ceux qui donnent des ordres et ceux qui les exécutent.

De là émerge un sentiment d’injustice (chez les exécutants), mais également un manque de responsabilité (chez les commanditaires). La responsabilité est l’action juste, placée au centre de la conscience humaine, alignée sur les principes élémentaires de la vie et coordonnée par l’expressivité complexe de l’amour. En France, le romantisme (tant apprécié par la littérature) a causé, et cause encore des troubles psychologiques qui maintiennent l’individu au cœur de la tempête des désirs. Le système économique et le markéting qui le révèle est basé sur la « pulsion d’achat », le « désir de posséder et l’attachement aux objets ». Mais contrairement aux romantiques qui considèrent l’amour comme l’expression exacerbée du désir, la philosophie expérimentale cherche à transcender les désirs qui s’agitent en soi pour atteindre un détachement absolu. Sage posture qui permet d’entrevoir les débuts relatifs de l’amour vécu et expérimenté.

Dans tous les petits villages de France (et d’Europe) jusqu’aux grandes agglomérations urbaines et dénaturées, il y a un marché dans lequel les gens peuvent faire leurs achats pour manger, se vêtir et combler les nécessités que la vie physique nous impose. Des marchés sous les halles typiques de Gascogne, aux supermarchés stéréotypés en tous lieux,  jusqu’aux marchés financiers, c’est une suite logique lorsque le système prône la défense primitive des instincts de survie, l’expansion de l’évolution selon Darwin nous pousse à constater que les « gros mangent les petits ». Cette image biologique de la vie est bien connue maintenant, mais nous oublions parfois, voire souvent, d’en considérer le reflet inversé, solution unique d’une solidarité généralisée et d’une humanité finalement harmonisée et équilibrée sur les bases du plus grand nombre.

On peut aisément comprendre cette succession de graphismes qui révèlent la progression d’une inexorable continuité qui tend vers l’expression évidente : « Si le gros poisson mange le petit, alors un ensemble de petits poissons peut en former un plus gros que le gros ».

Et là, influencé (que je suis) par l’iconographie symbolique et primitive d’Ouroboros, maintenant, c’est « le poisson qui se mord la queue ».

Des marchés aux supermarchés, jusqu’aux marchés financiers, il existe trois catégories de travailleurs :

  1. Les travailleurs potentiels qui n’ont pas de travail ;
  2. Les travailleurs ;
  3. Ceux qui font travailler les autres.

Des marchés aux supermarchés, jusqu’aux marchés financiers, il existe deux catégories de somme monétaire :

  1. L’argent reçu comme rétribution d’un travail réel c’est-à-dire réalisé sur le plan physique ;
  2. L’argent dématérialisé, spéculé puis enregistré comme rétribution d’un choix probabiliste c’est-à-dire conceptualisé sur le plan théorique d’une abstraction financière. {88 % de taxe}

J’imagine que la philosophie expérimentale concerne l’empirisme nécessaire pour vérifier, intégrer en soi et parmi les autres, des théories expérimentalement vécues. De là émerge l’image du voyageur, celui qui parcourt le plan physique (en toute mobilité) et par quelques envolées mentales, s’immergent dans les théories les plus folles en matière d’abstraction.

On peut imaginer et codifier une structure élémentaire dans laquelle se côtoie deux ensembles bien distincts :

  1. L’ensemble des théories soumises à l’abstraction mathématique ;
  2. L’ensemble des conceptualisations humaines et des actes résultants de la conscientisation/individuation.

{Individuation selon Socrate, Avicenne (principium individuationis), Maïmonide, d’Aquin (individuatio), Leibnitz, Jung…}

Modélisation du système économique

Quelques passages extraits des œuvres fondatrices de l’économie :

Partout où il y a injustice, il y a aussi des actes injustes commis ; mais partout où des actes injustes sont commis, il n’y a pas toujours injustice ; c’est-à-dire volonté ou dessein de s’attribuer, [plus qu’on en a le droit], des biens pris dans un sens absolu, et moins des maux pris dans le même sens. Voilà pourquoi nous ne souffrons pas que l’homme commande ; mais nous voulons que ce soit la loi ; parce que l’homme ne consulte que son propre intérêt, et devient tyran.

Mais le magistrat est le gardien de la justice ; et s’il est de la justice, il l’est aussi de l’égalité. Cependant, s’il est juste, il ne prétend, sous aucun rapport, à des privilèges particuliers ; car il ne s’attribue à lui-même une part plus grande du bien en soi qu’autant qu’elle se trouve dans la proportion autorisée ou prescrite par la justice et par la loi. Aussi est-ce pour l’intérêt des autres qu’il travaille ; et c’est par cette raison qu’on dit que la justice est le bien d’autrui, ainsi qu’il a été remarqué précédemment. Il faut donc lui accorder un salaire, et ce salaire est l’honneur et la considération. Tous ceux à qui cela ne suffit pas, ne saurait être que des tyrans.

Aristote, Éthique à Nicomaque, Livre V.

Un homme est riche ou pauvre, suivant les moyens qu’il a de se procurer les choses nécessaires, commodes ou agréables de la vie. Mais la division une fois établie dans toutes les branches du travail, il n’y a qu’une partie extrêmement petite de toutes ces choses qu’un homme puisse obtenir directement par son travail ; c’est du travail d’autrui qu’il faut attendre la plus grande partie de toutes ces jouissances ; ainsi, il sera riche ou pauvre, selon la quantité de travail qu’il pourra commander ou qu’il sera en état d’acheter.

Ainsi, la valeur d’une denrée quelconque pour celui qui la possède et qui n’entend pas en user ou la consommer lui-même, mais qui a intention de l’échanger pour autre chose, est égale à la quantité de travail que cette denrée le met en état d’acheter ou de commander.

Le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise.

Le prix réel de chaque chose coûte réellement à celui qui veut se la procurer, c’est le travail et la peine qu’il doit s’imposer pour l’obtenir. Ce que chaque chose vaut réellement pour celui qui l’a acquise et qui cherche à en disposer ou à l’échanger pour quelque autre objet, c’est la peine et l’embarras que la possession de cette chose peut lui épargner et qu’elle lui permet d’imposer à d’autres personnes.  Ce qu’on achète avec de l’argent ou des marchandises est acheté par du travail, aussi bien que ce que nous acquérons à la sueur de notre front. Cet argent et ces marchandises nous épargnent, dans le fait, cette fatigue. Elles contiennent la valeur d’une certaine quantité de travail ; que nous échangeons pour ce qui est supposé alors contenir la valeur d’une quantité égale de travail. Le travail a été le premier prix, la monnaie payée pour l’achat primitif de toutes choses.

Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations,

Chapitre 5 – Du prix réel et du prix nominal des marchandises ou de leur prix en travail et de leur prix en argent.

 

De l’Orient vers l’Occident

A l’origine des civilisations, la portée des sciences est (à priori) exclusivement utilitaire. Même les mathématiques sumériennes, égyptiennes ou chinoises ont une portée seulement utile ou pédagogique dans les calculs de construction, de mesures diverses ou d’organisation de la cité. Les grecs ont apportés à l’humanité une forme d’abstraction supplémentaire, une ébauche de généralisation dans les raisonnements. Malheureusement, les romains n’ont pas prolongés cette initiative…

Les méthodes scientifiques sont considérées comme rigoureuses (méthodes déductives) à partir des travaux de l’École de Pythagore {voir logique I}. L’approche scientifique des faits dérive d’une observation « sensorielle » à partir d’Aristote. Même à cette époque, la science est toujours considérée comme une philosophie naturelle.

Les termes à distinguer puis à associer pour restituer le contexte étymologique et historique sont :

  • Epistêmê (grec) : savoir théorique
  • Gnôsis : connaissance
  • ‘ilm darûrî : connaissance nécessaire
  • ‘ilm riyâdî : science mathématique
  • Scientia : connaissance qui dérive de scientis « de celui qui sait »
  • Scire : savoir et parfois (période impériale) décider, décréter

Le philosophe est « l’ami de la sagesse », l’être qui cherche simplement à connaître puis à intégrer ce savoir et cette compréhension du monde pour en restituer la « synthèse progressive au service de l’humanité ».

Au VIe siècle, Boèce traduit Aristote et il inclut, sur des bases latines, le terme scientificus pour désigner tout ce qui est de nature scientifique.

Les Arabes ont certainement hérité du travail des byzantins et des perses. Les médecins de Bagdad, sous la dynastie des Abbassides, ont traduit un nombre considérable d’ouvrages comme des encyclopédies scientifiques et autres documents provenant des ioniens, des grecs, et des védas. Néanmoins, l’on retrouve quand même les « traditions douteuses » du papyrus de Thèbes qui indiquent comment fausser les métaux pour les colorer en or, comment fabriquer des pierres précieuses ; informations que l’on retrouve en Europe occidentale (Espagne) jusqu’au X° siècle dans « Kitab-al-Fihrist » c’est-à-dire le « Livre de l’Artisan » rédigé par un certain Al-Nadim. Et c’est au XII° avec Robert Castrensis que cette connaissance alchimique transite par les Pyrénées avec un ouvrage nommé « Liber de compositione alchemiae » puis en 1572 apparaîtra une compilation beaucoup plus vaste qui s’intitula : « Artis auriferae quam chemian vocant » c’est-à-dire « l’art de faire de l’or qu’on appelle la chimie ».

Au XII° siècle lorsque le savoir Arabe arrive en occident via l’Espagne, les scientifiques arabes savaient préparés le sel ammoniac, l’acide sulfurique, l’acide azotique, l’eau régale (pour dissoudre l’or). Ils utilisaient également le nitrate d’argent (NO3- ; Ag+) c’est-à-dire la pierre infernale, la litharge, le minium, tous les amalgames (alliages métalliques) et certains sulfures métalliques le cinabre et l’orpiment. Ils utilisaient (bien sûr) des alambics pour obtenir l’alcool pur et toutes sortes de distillats.

Tous ces termes, alchimie, alambic, alcool, alcalins,…, sont issus des recherches scientifiques des Arabes. Au XIe siècle, l’Europe est une communauté inculte ; lorsqu’une cathédrale chrétienne compte une centaine de livres, à la même époque, le centre culturel de Cordoue dénombre plus de 80.000 livres. C’est en 1085 qu’Alphonse VI pénètre à Tolède par la porte qui porte maintenant son nom. C’est à Tolède que les livres et toute la sagesse contenue sont découverts pour la première fois. Les lettrés juifs et Arabes parlaient également espagnol, tous les savants européens affluaient donc vers ce centre de culture pour y apprendre les mathématiques, l’astronomie, la philosophie…

C’est ainsi que pour la première fois, on retrouve les chiffres indous (1, 2, 3…) sur les poutres d’une cathédrale anglaise en 1245. Les Arabes avaient adopté le système de numération indou (Système positionnel avec 1 et le zéro associé à 1 pour former 10 puis 100…) à partir du VIIIe siècle. Le savoir récupéré à Tolède commence donc à se propager en Europe et l’on voit s’ériger les premières universités du monde occidental (Toulouse, Montpelier…). Dans les centres culturels chrétiens, se développe donc le « savoir laïque » comme par mimétisme de la culture Arabe. Ce sont les ouvrages d’Aristote qui fascine le plus puisqu’il s’agit de raison, de logique et d’arguments ordonnés pour former un discours.