Archives pour la catégorie Biographies

DYNASTIE d’HAMMOURABI, Babylone (-1792)

D’origine amorrhéenne (bédouins nomades à l’ouest de la Babylonie), Hammourabi signifie « le Dieu Hammou guérit », c’est le sixième roi de cette lignée particulière dans un contexte qui, après la chute de la dynastie d’Our, se devait d’être exemplaire. En effet son règne fut de longue durée (43 ans) de -1792 à -1750 et pendant la deuxième année de celui-ci, il établit la « rectitude » qui, dans le contexte européen actuel prend tout son sens, rectitude qui était destinée à résorber les dettes contractées sous le règne précédent aussi bien par l’état que les particuliers.

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William CROOKES (1832-1919)

Il est né à Londres en 1832. Physicien, chimiste et météorologue du Collège Royal de la Chimie. il se se distingue dans l’analyse spectrale et il découvre le thallium en 1861. William Crookes a étudié la physique moléculaire en atmosphère raréfié, la viscosité, la conductibilité calorique (1874-1881), la matière radiante et il invente un radiomètre. Il a émis l’idée que les rayons cathodiques sont des particules électrifiées négativement ce qu’a confirmé Jean Perrin. William Crookes devient président de la Société psychique et a publié la revue Chemical News. Il a été membre de la Société Théosophique de H.P. Blavatsky et membre de l’ordre Hermétique de la Golden Dawn.

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CLAUSIUS Rudolf (1822-1888)

Il était professeur à l’École supérieure technique de Zurich en 1855 et il eut Roentgen dans son cours sur la théorie de la chaleur, l’élasticité et les vibrations élastiques. Après les travaux de Joule l’idée est répandue que la chaleur n’est pas de la matière…

Clausius développe le principe de Carnot en supposant que la production d’un travail mécanique exige non pas une modification de la répartition de la chaleur (du corps chaud vers le corps froid) mais une dépense de chaleur[1] (point d’appui sur l’équivalent mécanique de la chaleur de Mayer). Depuis 1800 on s’opposait à la perception phlogistique de la chaleur (avec l’idée d’un mouvement de particules).

Mais Clausius exprime avec la notion de différentielle « l’état de fait » des transformations thermodynamiques.

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MAXWELL Clerc (1831-1879)

Il est le premier professeur « Cavendish » de physique expérimentale de Cambridge. Il développe la théorie cinétique des gaz (avec ses « démons ») et il formule les équations du champ électromagnétique qui représentent la première grande unification de la physique théorique (électricité et magnétisme). Maxwell est né en Ecosse à Edinbourg, et il intègre Cambridge pour y faire des études de mathématiques.

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FRANKLIN Benjamin (1706-1790)

Sa gloire repose sur deux grandes découvertes disait Millikan (Prix Nobel 1923) :

L’étude et l’interprétation de la « décharge des pointes », les phénomènes connexes et l’invention du paratonnerre. La théorie de l’électron et l’unité du fluide électrique. »

Il commence sa vie avec autonomie et détermination. Il débuta comme ouvrier dans une imprimerie. Dans ce domaine il eu accès à de nombreux livres qu’il étudia la nuit avec assiduité. Il devint ensuite imprimeur, il était végétarien et vécu en toute simplicité avec une maîtrise certaine de lui-même. En tant que citoyen, il a créé la Société Philosophique, une Académie devenue l’Université de Pennsylvanie, le premier cabinet de lecture d’Amérique, la première force de Police et le premier corps des pompiers des colonies. Membre de l’Assemblée Générale (1736, Pennsylvanie et de toutes les colonies en 54), il passa 16 ans à Londres comme représentant en Angleterre puis 9 ans à Paris pour représenter la jeune République des Etats-Unis. Enfin, il siégea (1789-90) à la Convention qui élabora la Constitution des Etats-Unis.

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OERSTED Hans Christian (1777-1851)

Des facilités et de bonnes conditions

Il est né à Rudkoebing (Danemark) le 14 Août 1777 d’un père pharmacien. Il a découvert l’électromagnétisme et fondé l’école polytechnique au Danemark. Avec son frère Anders, ils font preuve, très tôt de grande intelligence et ils se stimulent mutuellement pour projeter des buts ambitieux. De nombreuses personnes les instruisent et ils acquièrent de nombreuses connaissances qui leurs permettent d’aller à Copenhague en 1793 et 1794 pour passer le baccalauréat. Son frère Anders allait devenir un célèbre jurisconsulte et homme d’état.

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CAVENDISH Henry (1731-1810)

C’est un illustre physicien chimiste (plutôt inconnu) et d’une psychologie déroutante. Sans ami, sans passion, sans femme, il ne dépensait pas son argent,…, seulement, il vivait discrètement au milieu des livres et des expériences. Chaque jour une promenade, chaque semaine le dîner à la Royal Society Club, chaque heure une méditation ou une expérience : il n’y a rien d’autre dans sa vie ; sauf le costume (toujours le même) commandé une fois par an à son tailleur.

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FARADAY Michaël (1791-1867)

Autodidaxie et simplicité

Fils d’un ouvrier forgeron, Michaël Faraday naquit le 22 septembre 1791 dans les environs de Londres. Issu d’une famille modeste, il reçut une éducation sommaire (lecture, écriture et quelques rudiments d’arithmétique) et il commence à travailler à 13 ans comme coursier chez un libraire ; En 1805, il débute un apprentissage de relieur et libraire. Souvent malade, son père meurt en 1810.  Il n’avait donc que 20 ans et toute sa vie. Cette situation pousse le jeune Faraday à se débrouiller par soi-même avec volonté et en toute simplicité.

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Hermès Trismégiste

Dans les Fragments d’Hermès Trismégiste on prend conscience de la puissante logique grecque par déduction. Cette logique (structure du raisonnement), comme aime l’utiliser par la suite Aristote (qu’il nomme analyse), est basée sur la causalité des contraires. Mécanisme de réflexion exagéré d’ailleurs lorsque l’on compare « les perceptions réelles engendrées par le verbe » aux « hymnes du Rig Véda » qui expriment tant de choses dans le registre de la poésie et du langage intuitif.

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BOHM David (1917-1992)

David Bohm est né à Wilkes-Barre en Pennsylvanie aux États-Unis, et il manifeste de manière précoce un fort intérêt pour la science. C’est dans les années 70-80 qu’il formule ses idées sur « l’ordre implicite » dans l’univers et sur le relatif « modèle holographique » de la réalité. Bohm est un physicien qui s’interroge constamment sur les liens possibles entre la science et la philosophie. En 1959, il rencontre le penseur indien Jiddu Krishnamurti qui l’influence grandement dans sa « perception invisible » de la réalité.

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BOLTZMANN Ludwig (1844-1906)

Il était professeur de Sciences à Vienne, Graz, Munich ; partisan de l’atomistique mais adversaire de la théorie de  l’énergétique représentée par son collègue Ostwald[1] et tant d’autres… Boltzmann souffrait de dépression cyclique et termine sa vie par un suicide. La question fondamentale qu’il se pose s’inscrit dans les différences conceptuelles de la grande mécanique classique omnipuissante à l’époque {philosophie des « sciences rationnelles »} devant la toute petite thermodynamique naissante {philosophie des « sciences probabilistes »} – Voir la biographie de Lavoisier.

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Brahmagupta (598-669)

Dans l’histoire des mathématiques, l’Inde (et le Pakistan) sont oubliés comme le fût jadis (en Occident) les arabes. Nous devons à l’Inde (et pas aux Arabes) notre système décimal de position, le zéro et les bases du calcul écrit que nous pratiquons de nos jours. Le système décimal compose nos 10 caractères graphiques/numériques (chiffres de 0 à 9) qui permettent d’écrire tous les nombres. Et le zéro bien sûr pour distinguer les nombres positifs et les nombres négatifs pour étudier les limites en l’infini lorsqu’une valeur est divisée par zéro ou simplement pour qualifier le rien, le néant…

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Aristote de Stagire (-345)

Pour certains, Aristote est le « père » des sciences de l’observation.

D’un point de vue technologique, il étudie et expérimente :

  • le rôle des forces motrices et résistantes ;
  • la loi de la chute des corps dans laquelle il fait des erreurs ;
  • le rôle de l’évaporation et de la condensation dans les phénomènes météorologiques…

Au Ve siècle avant notre ère, Empédocle invente les quatre éléments, Aristote récupère le concept. Aristote se distingue de Platon par la philosophie matérialiste qu’il met en place. Il récupère le concept et l’analyse des « quatre éléments[1] » comme condition du raisonnement par analogie :

  • Le FEU est sec et chaud
  • L’AIR est humide et chaud
  • L’EAU est humide et froid
  • La TERRE est sec et froid

La théorie d’Aristote est une base essentielle dans le développement des sciences de la matière, mais trop de commentaires négligent son principe de raisonnement basé sur l’analogie. Lorsqu’il identifie le FEU à des propriétés « sec et chaud », il ne parle pas seulement du feu que l’on connait dans les combustions, mais plus généralement de tous les éléments qui peuvent être définis par ses propriétés. Le sable du désert est, dans ce sens, comme le FEU puisqu’il est « sec et chaud ». Par contre, en bord de plage, le sable est « humide et froid » comme l’EAU. L’AIR défini tous les corps volatils…

Cette représentation analogique du monde lui vient de Platon qui le tire lui-même de l’Orient. L’orient est à la base du raisonnement par analogie et de l’analyse systémique qui en découle naturellement. Dans la vallée de l’Indus, ce raisonnement est appliqué à l’homme pour comprendre sa place dans l’univers en prenant soin de distinguer les « différentes marches » de l’escalier cosmique. La pensée chinoise est également basée sur le raisonnement par analogie mais étant plus rigoureuse et donc plus contrainte à l’identification céleste exagérée (Yin-Yang, représentation binaire et manichéenne) qui, le transmettant à la perse et aux arabes, conduit l’Europe post-renaissance dans les méandres sans issus de la pensée dite cartésienne ou rationnelle.

Je prendrais du temps pour expliquer cela…

Mais les théories d’Aristote sont considérées, avec trop d’insistances en Europe, comme fondamentales, peut-être parce que nous les avons trop rabâchées ! Le raisonnement d’Aristote marque un point d’arrêt avec le fonctionnement interne du système cognitif pratiqué en Orient. La différence est nette avec notre fonctionnement rationnel qui s’applique à décortiquer les détails en omettant de considérer un point de vue global et une vision synthétique qui fait défaut à l’idéal positiviste en reniant l’incertitude.

D’Aristote jusqu’au début du XXième siècle une « manière de penser le monde » s’installe dans notre représentation scientifique et philosophique. Il faut attendre la « vision atomistique » de la matière pour voir se fendre l’armure du raisonnement matérialiste et simpliste qui protège un monde d’illusion par une compréhension phénoménologique exclusivement linéaire. Comme si, le monde qui nous entoure l’est, linéaire et binaire ? Car il s’agit bien de cela, de notre vie qui, majoritairement dans le temps et à chaque époque, se trouve assaillie de préjugés mastiqués, décalés et inappropriés. Des sociétés bienheureuses ont perdurées dans la vallée de l’Indus, mais l’heure a sonné et notre civilisation occidentale ne peut plus vivre à crédit, elle crée moins de richesse, de bien matériel, de savoir, et tout se délite, l’industrie se délocalise et la recherche fondamentale en sciences est décapitée par les restrictions budgétaires de l’état qui projette de retrouver l’équilibre financier. Notre civilisation occidentale, s’est abreuvée avec déraison du jus d’Aristote et de sa phénoménologie matérialiste et détournée de la monade de Platon et des conséquences abstraites qui en résultent. En science, pour l’amour de la science et de la compréhension du monde, de nos jours, les découvertes scientifiques sont brevetées et d’usage exclusif à la consommation dans le but d’enrichir « l’esprit humain » d’un poids monétaire conséquent.

Cette digression est essentielle pour visualiser l’évolution des théories scientifiques et les conséquences sociologiques qui en émergent car, au fil du temps, les civilisations dominent périodiquement la liberté de penser et la représentation conventionnelle du monde. Mais revenons à Aristote…

Malheureusement Aristote ne repris pas l’hypothèse héliocentrique d’Héraclide car il édifia son système cosmologique sur le système géocentrique (repris par Ptolémée puis par les exégètes chrétiens…). Ceci est une erreur qui plonge le monde occidental dans l’ignorance pendant près de 2000 ans !

Voilà quelques thèmes traités par Aristote dans l’un de ses ouvrages :

PHYSIQUE : (Chap. II) Rapports et différences des mathématiques et de la physique. Critique de la théorie des idées, qui se perd dans les abstractions[i]. (chap. V) La causalité des contraires ; le hasard est indéterminé et toujours obscur pour l’homme ; il n’est pas raisonnable. (Chap. IX) Le physicien doit étudier la matière – Démocrite[2], les atomes et le vide – et surtout la fin des choses – les causes de la forme.

Tous ces sujets et leurs interprétations posent les bases de la physique dite « classique ». Les « différences entre mathématiques et physique » s’inscrivent dans l’approche expérimentale (concrète en physique) et abstraites ou sans rapport direct avec la réalité phénoménologique pour les mathématiques. Aristote veut se démarquer de Platon par la « critique des idées » et le renoncement aux abstractions, c’est un sujet philosophique… Par contre « La causalité des contraires » contient deux approches bien connues des physiciens : le principe de causalité (les mêmes causes produisent les mêmes effets, la flèche du temps et son irréversibilité) et l’analyse des symétries qui permet d’englober de nombreux phénomènes dans un raisonnement « dual » comme la charge positive et négative en électricité, la divergence du champ électrique et le rotationnel du champ magnétique… Ce raisonnement est surtout développé (en philosophie) par le manichéisme au début de l’ère chrétienne (et avant eux par les chinois).

Le « hasard est indéterminé », cette idée conditionne la pensée occidentale jusqu’à la découverte des lois de probabilités et surtout leurs utilisations dans la théorie physique et quantique. Nous savons maintenant que le hasard suit des lois déterminées. La théorie du chaos est une loi déterministe. Jusqu’au début du XXe siècle, les positivistes insistent sur le déterminisme, mais le principe d’incertitude (ou d’indétermination) d’Heisenberg dans la physique quantique sonne le glas et achève l’idée superstitieuse qui considère le hasard comme « obscur pour l’homme et pas raisonnable ». Enfin, le physicien « doit étudier la matière et la voir » non plus comme un agrégat de corpuscules mais comme une combinaison linéaire de fonction d’onde… C’est toute une histoire que la représentation du monde au cours du temps !

[1] Initialement défini par Empédocle

[2] Sans se nourrir, il s’est laissé mourir après avoir humé du miel…

[i] Abstraction : processus cognitifs impliquant le raisonnement, propriété d’un concept, activité d’apprentissage par extraction de connaissances générales… L’abstrait s’oppose au concret. La concrétisation est circonscrite par des propriétés appartenant à la  phénoménologie des objets).

Tcheou-Koung (IIe siècle av. J.-C.)

Deuxième empereur de la dynastie des Tcheou. C’est au cours de son mandat que furent inventés les chars magnétiques pour s’orienter dans les déserts et pendant les tempêtes de sables. Ces chars comportaient une statuette mobile portant un aimant et un odomètre pour mesurer le chemin parcouru.

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HIU-KIUN (vers 121 ap. J.-C.) – La boussole

Il compile un dictionnaire étymologique (Tchuwen) dans lequel on trouve le mot aimant : « nom d’une pierre avec laquelle on donne la direction d’une aiguille ». La découverte et l’utilisation de l’aimant par les chinois remonte à une haute antiquité. Dans un grand dictionnaire Pei-wen-yun-fou du IXe siècle, il est mentionné que sous la dynastie des Tsin (265-419) les marins avaient trouvé la direction du sud au moyen de l’aimant. De plus, et cela montre les qualités d’observations exceptionnelles des chinois, dans l’ouvrage de Ken-tsung-chi (XIIe s.), on trouve la description de la déclinaison magnétique : « si on frotte la pointe d’une aiguille avec la pierre magnétique, elle indique ensuite le sud, mais pas exactement, et dévie un peu vers l’est. »

Sous la dynastie des Tangs (VIIe-VIIIe siècle), on sait que les chinois entrepris de longs voyages en mer avec l’aide de la boussole. Partant de Canton, ils traversaient le détroit de Malacca pour aller à Ceylan, à la côte Malabar et même jusqu’à l’embouchure de l’Indus et de l’Euphrate. Ces voyages représentent certainement les premiers contacts entre la Chine et les Arabes. De là, émerge l’introduction en Europe des inventions de la Chine ; L’occident doit encore remercier la Chine pour cela… et les Arabes qui ont permis le transit des informations.

L’imprimerie en Chine (vers le VIe siècle)

Le papier était connu en Chine depuis des siècles lorsqu’il fut introduit au Japon en 601 et connu des Arabes vers 700 avant d’être importé en Europe au XIe siècle.

L’imprimerie était (également) connue depuis longtemps. La technique se perfectionne vers le VIe siècle lorsque les empereurs ordonnent de faire imprimer, entre autres, les quatre livres de Confucius et plusieurs classiques à l’usage de l’éduction des jeunes.

« Le Maître dit : Ne crains point de rester méconnu des hommes, mais bien plutôt de les méconnaître toi-même. »                 Confucius, Livre I-16 de l’Étude

La xylographie (planches gravées sur bois) était la technique employée. Vers le Xe siècle, les chinois (les Rois de Chou de l’actuel Sse-Tchouen) utilisaient des lettres de cuivre séparées pour faire la composition du texte. Cette technique fut transmise au Japon en 1205. Puis ces techniques se répandent en Europe qu’au XVIe siècle.

Y HOANG (VIIIe siècle)

En tant qu’astronome, il construit une horloge à deux aiguilles représentant le mouvement du soleil, de la lune et des planètes.

Confucius – Kong Tsée (-551)

Dans la culture chinoise et particulièrement dans le confucianisme, la musique est un « médicament de l’âme » à la base de leur système éducatif ancien. Tout comme Pythagore le pensait, dans la chine antique, la musique est le messager des volontés du Tien (Être suprême), l’écho de la sagesse, la maîtresse et la mère de la vertu, la science qui dévoile cet être ineffable et ramène l’homme vers lui. Dans toutes les civilisations cherchant à cultiver l’universalité, on entend encore résonner la voix des sages : « veux-t-on savoir disent-ils, si un royaume est bien gouverné, si les meurs des habitants sont bonnes ou mauvaises ? Qu’on examine la musique qu’y a cours ? »

Huang-Di (IIIe millénaire av. J.-C.)

C’est l’empereur jaune, de nombreuses inventions lui sont attribuées : les voitures à eau, les bateaux, la poterie, les mesures et la balance, la musique, les cloches… Il fait construire des routes pour faciliter les communications et il crée une monnaie pour développer le commerce. L’observation des astres devient systématique et cet empereur nomme un ministre responsable pour l’accomplissement correct de cette tâche. Quelques années plus tard, CHAO HAO règlemente les costumes et les différentes classes de fonctionnaires. L’action des hommes dans le « service public » en Chine, remonte à une époque bien éloignée du communisme, et cette culture étatique de la Chine est très ancienne contrairement à l’idée occidentale (actuelle) et simpliste qui considère la Chine comme un pays totalitaire et seulement stalinien.

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AMPÈRE André-Marie (1775-1836)

Il voit le jour le 20 janvier 1775 à Lyon puis il habite, à partir de sept ans, dans un petit village montagnard (Poleymieux) proche de sa ville natale.

Son père, ancien négociant, devient juge de Paix à Lyon après 89. Mais la Terreur faisant son œuvre, l’honnête fonctionnaire a le cou tranché le 23 novembre 1793. Dans une lettre testamentaire, son père écrivait : « J.-J. Ampère, époux, père, ami et citoyen toujours fidèle ». Enfant de la révolution, il meurt dévoré par elle-même. Mais le fils restera fidèle à l’esprit de la révolution qui souffle un nouvel air de liberté…

Ampère (fils) est élevé un peu comme Emile de J.-J. Rousseau, il apprend seul et il engloutit les livres avec voracité. Doué d’une mémoire prodigieuse, il retiendra d’énormes passages de Buffon et de l’Encyclopédie (des lumières) dans les domaines qu’il affectionne comme l’histoire, le théâtre et les mathématiques. Comme Pascal, il compose à treize ans un traité (sur les sections coniques). Dans ses lectures il se heurte à la notation différentielle, on lui apprend donc les rudiments du calcul infinitésimal. Très touché et inspiré par la nature qui lui fournit mille leçons, il a même son herbier comme Rousseau.

Ampère était un romantique, émotionnellement très impliqué, il vit ses relations amoureuses avec ferveur et passion. Il chante son amour en vers, italiens et français[1], écrit un journal nommé Amorum en 1796 pour une femme (Mlle Carron) qu’il épousera.

Rapidement, il intègre à Paris l’école Polytechnique comme professeur de mathématique (analyse) et le Collège de France en physique. Il fut aussi inspecteur général de l’université (dès 1808) et comme il savait tout, il enseigna également la philosophie à la Faculté des Lettres. Arago considérait Ampère comme un savant doué de facultés immenses.

Il est vrai également que son caractère manquait de calme et de retenu, d’autres comparaient son esprit « à une mer agitée » ou son cœur « à un brasier » et un fidèle lui disait : « je sais que vous ne pouvez mettre de frein à votre cerveau ». Il pouvait parler pendant 13 heures de suite sur la classification des sciences, la poésie, le spiritisme, la psychologie, la métaphysique, il s’enflamme sur toute chose, il cherche l’unité en tout et il s’insurge lorsque l‘injustice sociale et politique s’exprime et se manifeste avec outrance dans la société humaine. De lui-même, Ampère disait à un ami : « mon imagination m’offre sans cesse des bonheurs impossibles, des espérances chimériques auxquelles elle me fait croire malgré moi… ».

L’expérience d’Oersted met en branle son questionnement, il s’intéressait aux grands problèmes de chimie, initiateur de la chimie-physique en rapprochant les combinaisons chimiques (atomique) à la loi physique de Mariotte. Ampère était un partisan avant-gardiste de la théorie atomique. Dans une lettre adressée à Berthollet en 1814, il exprime l’hypothèse[2] selon laquelle tous les gaz renferment, à volume égal, le même nombre de particules.

Lorsqu’en 1820, le 11 septembre, Arago refait l’expérience d’Oersted à l’Académie des Sciences, Ampère va bouleverser l’interprétation des faits puisqu’il commence par écrire rapidement deux notes (le 18 et 25 septembre) qui seront complétées en octobre.  Il montre que l’électricité en mouvement est la source des actions magnétiques et il prouve également que deux courants fermés agissent l’un sur l’autre. Ampère invente les « courants particulaires » et donne l’essor à l’électrodynamique. Parlant de lui, Louis de Broglie disait : « il se montre par là le génial annonciateur des futures théories électroniques qui admettent que la matière est formée de particules électrisées et cherchent à expliquer toutes ses propriétés par le mouvement de telles particules ».

Ampère était un mathématicien qui possédait la subtilité nécessaire et l’outil technique indispensable pour généraliser des faits empiriques. Il construit en 1826 un mémoire de synthèse Sur la théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l’expérience, qualifiait par Poincaré « d’immortel ouvrage ». Ampère était un improvisateur de génie, intuitif, il réalise une structure mathématique permettant d’interpréter la relation entre l’électricité et le magnétisme.

La forme intégrale du théorème d’Ampère s’exprime ainsi :

Avec I, le courant inclus dans le contour fermé ; Le théorème d’Ampère est un puissant outil pour calculer le champ magnétique en se basant sur les propriétés de symétrie du système.

Ampère est finalement au dessus de tous, dans le langage de la physique mathématique qui déchiffre les arcanes du monde et le fonctionnement intrinsèque de la matière. On lui doit également le vocabulaire de « courant » (on parlait de conflit électrique), de tension et de galvanomètre qu’il fabriqua de lui-même. Il invente également le télégraphe électrique et le principe de l’électro-aimant.

Le plus étonnant, c’est son tempérament bouillonnant, entre doutes et croyances, Ampère était une âme mystique et tourmentée, bien plus curieuse des spéculations métaphysiques que des réalités proprement physiques. Et pourtant, il a pu, en quelques mois, édifier une théorie d’une importance pratique que nul ne peut nier : celle de l’utilisation généraliser de l’électricité. Et c’est à juste titre que son nom désigne l’unité du courant électrique.

Il meurt à 61 ans après quelques heures de délires, épuisé par une pneumonie, il était le type même du savant distrait mais hautement concentré intérieurement.

[1] Il connaissait également en latin (pour lire Euler et Bernoulli) et il écrivait dans une langue universelle (comme l’espéranto).

[2] Avogadro l’avait également émise un an avant sans qu’Ampère en fut au courant.

 

HALLEY Edmund (1654-1724)

Né à Londres, une mission astronomique au Saint Hélène en 1677 le fit nommer membre de Royal Society à 22 ans. Il observe la constance de la température d’ébullition de l’eau et l’utilisation de ce point fixe pour comparer les dilatations de l’eau et du mercure, il établit la formule des miroirs et des lentilles (1693)…

La prédictibilité temporelle et spatiale des éclipses de soleil

Halley fut le premier astronome à calculer la zone de visibilité d’une éclipse totale de soleil. Ses calculs pour l’éclipse du 22 avril 1715, visible en Angleterre étaient justes avec une précision à 30 km près. Pour se rendre compte de cette avancée dans la prédictibilité des éclipses, il faut comprendre que même si les mésopotamiens (700 av. J.-C.) et les Mayas indépendamment (500 ap. J.-C.) savaient prévoir le retour des éclipses à partir du cycle des éclipses (périodicité de 54 ans) reconnu sur plusieurs siècles d’observation, cela ne leur permettait pas d’affirmer avec certitude qu’elle serait visible d’un lieu donné sur Terre. Ces anciennes civilisations[1] savaient donc prévoir le retour des éclipses d’un point de vue temporel, mais pas d’un point de vue spatial. Cette lacune concerne la connaissance ou pas de l’inclinaison de l’orbite de la Lune par rapport à l’orbite de la Terre. De sorte que les alignements parfaits de la Lune, de la Terre et du Soleil sont relativement rares. De plus l’orbite de la Lune est instable car elle oscille sur son écliptique autour d’une position d’équilibre comme un cerceau sur le point de tomber à plat sur le sol. Ces deux facteurs font que les conditions d’alignement se reproduisent tous les 346,6 jours : c’est l’année écliptique. Mais cela ne suffit pas pour prévoir un éclipse puisque l’intervalle entre deux pleine lune est de 29,53 jours ; or, 346,6 jours n’est pas un multiple entier de 29,6 jours. Le multiple entier est de 19 années écliptique ou 223 mois synodiques soit un peu plus de 18 ans (6585,32 jours) : cet intervalle de temps se nomme « saros ».

On s’aperçoit du problème puisque le nombre 6585,32 (jours) contient une partie décimale « 0,32 » qui représente 0,32 tour de Terre en plus des 6585 tours. Si une éclipse se produit dans une ville, elle ne se reproduira pas dans cette même ville 18 ans plus tard puisque la Terre a fait un tiers de tour en plus, l’éclipse est donc visible sur un autre continent ! Pour que cette éclipse se reproduise dans la même ville, il faut donc attendre 54 ans (18×3) puisque la Terre aura effectuée un nombre entier de tours (19.755,96). L’écart de 0,04 n’affecte pas trop la visibilité de l’éclipse en un lieu donné.

Les anciennes civilisations connaissaient donc ce cycle de 54 ans par observations successives, mais E. Halley est le premier à « mettre en équation » les mouvements orbitaux complexes qui équilibrent le système Terre-Lune pour prévoir la projection du cône d’ombre en lieu donné au cour d’une éclipse de Soleil.

La comète de Halley

Dans les sciences de l’observation céleste, la comète de Halley est la plus célèbre de toutes car elle permit de valider la théorie de Newton sur la gravitation universelle. En 1705, Halley se rendit compte que les trois comètes brillantes qu’avaient traversées le système solaire intérieur de 1531, 1607 et 1682 n’étaient en fait que différents passages de la même comète voyageant sur une orbite très excentrique suivant une période de 76 ans. La victoire posthume de Halley réside dans la prédiction de retour de la comète pour 1758 à partir des équations de Newton. Mais la précision de la gravitation universelle s’exprime dans la prise en compte de l’influence de Jupiter sur l’orbite de la comète soit une différence de quelques semaines sur la date de retour. Et cette perturbation eu exactement lieu comme l’avait prédit Halley.

La plus ancienne mention connue de l’observation de la comète de Halley remonte à l’an 611 av. J.-C (en Chine, dans le Commentaire de Zuo). A l’occasion du passage de la comète de Halley en 1455, la sagesse chrétienne française était tellement soumise à la superstition et à l’ignorance que l’apparition de la comète était terrifiante ; Pour conjurer le sort, le Pape Calixte III est intervenu pour « l’exorciser et la chasser du firmament ». A la suite de cet « acte divin », la comète effrayée s’enfuit dans les abîmes de l’espace et elle ne se hasarda pas à revenir avant 76 ans !

Au cours de l’été 2001, après mon service militaire, je prenais le temps d’observer le ciel nocturne. Un point lumineux (caractéristique) attirait mon attention un soir. Je j’ai suivi pendant trois ou quatre nuits pour constater un mouvement relatif aux étoiles qui montrait clairement qu’il s’agissait d’une comète. J’ai également le souvenir plus lointain d’avoir observer, avec mon père, la comète de Halley en 1986 au cœur des Pyrénées.

Quelques ordres de grandeur permettent de se rendre compte de la taille d’une comète. Nous savons que le diamètre de la Terre est de 12.000 km (environ) et que la circonférence à l’équateur est de 40.000 km. Une comète est beaucoup plus grosse, c’est une « boule de glace sale qui fond au soleil ».

Le diamètre de la tête de la comète est de 100.000 km ;

La longueur de la queue est de 10.000.000 km et plus ;

 

[1] Les mésopotamiens et les Mayas n’avait pas connaissance (à priori) de la notion d’orbite qui permet de visualiser/comprendre la rotation d’un corps par rapport à un autre plus massif.

Les premières connaissances occidentales

Vers l’an 1000

Au début du second millénaire, l’Europe commence à sentir un vent nouveau, un air chargé par les parfums de l’orient. Par l’Espagne, le savoir raffiné des Arabes et la culture cosmopolite et universelle nous parvient pour revitaliser l’engourdissement cérébral des européens ayant subit un millénaire d’obscurantisme (matérialisme philosophique  et anthropomorphisme religieux).

Guido d’Arezzo (990-1050)

De ce que l’on sait en occident, pour nommer les notes musicales, les grecs (pythagoriciens) utilisaient les premières lettres de l’alphabet ionien et pour eux, la gamme s’organisait de manière descendante.  Tout comme les romains qui, copiant la culture hellénique, faisaient de même pour nommer les notes en utilisant leur propre alphabet. Au Ve siècle ap. J.-C., Boèce considérait une gamme de quinze notes c’est-à-dire deux octaves sans tenir compte de l’effet cyclique de l’octave. Ensuite la nomenclature dite allemande et anglaise tenait compte du rapport cyclique de l’octave en utilisant une lettre majuscule (A-G) pour les sept notes de l’octave principale et une autre lettre minuscule pour l’octave suivante (a-g). Puis les sept notes qui correspondent aux touches blanches du piano reçurent un nom précis alors que les cinq autres sons (touches noires) furent nommés plus tard dès l’apparition des concepts de « bémol, bécarre et dièse ».

C’est au XIe siècle que le moine toscan Guido d’Arezzo conçoit des méthodes mnémotechniques pour les interprètes comme pour ranger les notes dans un ordre alphabétique suivant un parcours sur la main. Chaque note fut donc rebaptisée selon la première syllabe des vers d’un hymne en hommage à Saint Jean-Baptiste :

  • Ut queant laxis,
  • Resonare fibris,
  • Mira gestorum,
  • Famuli tuorum,
  • Solve polluti,
  • Labii reatum
  • Sancte Iohannes.

Après avoir changé le Ut en Do, on obtient la gamme utilisée en Europe. Guido d’Azerro trouva donc une nouvelle façon de noter et de solfier la musique qui facilita son apprentissage. Et c’est à cette époque que l’harmonie commence à se faire connaître et que naquit ce qu’on appelle le contrepoint {Ecriture musicale en utilisant la superposition organisée de ligne mélodique}.

L’Europe vient de passer 1000 ans dans l’ignorance et l’abrutissement causé par les délires divinement matérialistes des premiers chrétiens… Mais empruntant à A. F. d’Olivet ses convictions les plus profondes : « la musique ne put sortir de son engourdissement que lorsqu’une étincelle de génie (couvant), perçant la nuit profonde qui couvrait l’Europe, on vit descendre du chant des montagnes Occitaniennes, les premiers poètes et les premiers chanteurs modernes. C’est aux troubadours qu’on doit la renaissance de la musique ». En Occitanie, les troubadours ont adoucie l’âpreté des mœurs féodales pendant 300 ans du XIe au XIVe siècle. L’Europe connaît un renouveau par la réforme de Luther, la re-découverte de l’Amérique et de l’imprimerie…

Quelques alchimistes occidentaux

C’est donc bien en Espagne que les docteurs et autres alchimistes latins s’instruiront auprès de maîtres islamiques pour découvrir avec eux le bismuth, les sels arsénieux, le chlorure d’antimoine et les réactions de précipitations.

C’est vrai qu’avec ces exemples de livres provenant tous, en quelques sortes, du fameux papyrus de Thèbes, on pense à l’Alchimie comme à une fumisterie. Mais il en est autrement lorsque l’on regarde, avec courage et sans apriori, les différents ouvrages hermétiques qui composent le corpus alchimique. Et puis, des Alchimistes illustres comme R. Bacon, par exemple, qui a redécouvert (après les chinois) la poudre explosive et citons les écrits d’Albert le Grand, de Raimond Lulle, d’Arnaud de Villeneuve, de Nicolas Flamel, de Basile Valentin, de Paracelse… qui sont pleins de sagesse et d’approche novatrice dans « l’art de la connaissance scientifique ».

Albert le Grand (1193- 1280)

Professeur à la Sorbonne. Il a étudié l’action de l’acide nitrique (HNO3) sur les métaux et le dégagement caractéristique d’un gaz de couleur roux : le dioxyde d’azote (N02). Il a préparé également des sels de soude (NaOH) et de potasse (KOH), analysé les vapeurs d’arsenic et d’antimoine. Albert le Grand est considéré comme un scientifique à part entière, il considérait l’unité de la matière et il disait que « dans leur essence, tous les corps sont semblables, ne différent les uns des autres que par leurs formes ». Cette idée est une anticipation de la notion d’atome ou de particule élémentaire identique pour tous les éléments chimiques qui tombent sous nos sens.

Roger Bacon (1214-1294)

Il a réinventé la poudre à canon et démontré que « l’air est l’aliment du feu » c’est (en partie) le comburant à toute combustion. Cette compréhension des phénomènes de combustion conduira plus tard les chimistes à découvrir le dioxygène.

{voir DS p 833 – protyle}

Roger Bacon traduit de l’Arabe et commente Secretum Secrtorum qui comprend la Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste : {à faire…}

Thomas d’Aquin (1225-1274)

C’est l’auteur du Traité de la Pierre Philosophale. Cette pierre là est à la base d’un raisonnement alchimiste qui consiste à réaliser le Grand Œuvre. Il s’agit en fait de transformer la matière en séparant le « subtil de l’épais » pour atteindre la quintessence immanente de toute chose. La Pierre est symboliquement cubique pour associer le chiffre 4 à toute matérialisation de l’esprit. Pour l’alchimiste, les livres ne sont utiles qu’au débutant, mais ensuite, la solitude, le dénuement et l’assiduité expérimentale sont nécessaires pour atteindre le but escompté c’est-à-dire le Grand Œuvre. Thomas d’Aquin émis une hypothèse fausse (qui fit grand bruit) que le mercure était la « materia prima » d’Aristote.

Raymond Lulle (1236-1315)

Il prétend avoir réalisé le Grand Œuvre alors qu’il était emprisonné à Londres. Pour certains, cela n’est pas très sérieux, mais il faut comprendre que le Grand Œuvre n’est pas seulement la fabrication chimique/matérielle d’une Pierre Philosophale mais c’est surtout la transformation de soi en Soi par la compréhension phénoménologique des transformations de la matière. Un alchimiste attire les convoitises puisqu’il peut rendre « riche en or » n’importe qui. Il peut donc être protégé en stimulant l’avidité de ses protecteurs. Mais l’importance finale d’un alchimiste est la « richesse intérieure » c’est à dire selon les termes de l’époque : la spiritualisation de sa matière corporelle.

{img du squelette en prière}

Outre cela, Raymond Lulle a travaillé sur les sels de plomb et sur le minium (le Lion Rouge). En cherchant la Pierre Philosophale par la voie humide, il a grandement amélioré les méthodes de distillation et il a, selon J.-B. Dumas, « fixé l’attention sur les produits volatils de la décomposition des corps ».

Philippe de VITRY (1291-1361)

Une nouvelle forme d’écriture de la musique…

Nicolas Flamel (1330-1418)

Il prétend avoir fabriqué une demi-livre d’argent très pur le 17 janvier 1382. La même année, le 25 avril à 5 heure du matin, il aurait réussit la transmutation du mercure en or pur. Basile Valentin (XV° siècle) publia divers ouvrages : L’Apocalypse chymique, l’Azoth des Philosophes, Le Char triomphal de l’antimoine. Dans ses travaux sur l’antimoine et sur le grillage des pyrites, il révèle une méthodologie scientifique de haut niveau et un véritable « esprit scientifique ». Il nommé « esprit de mercure » le gaz qui se dégagé lorsqu’il chauffait de l’oxyde de mercure.

Paracelse (1493-1541)

Son vrai nom était Théophraste Bombast de Hohenheim. Médecin de formation, il déchira son diplôme au cours d’une discussion animée avec ses pères de l’Académie. Il poursuivit son chemin, seul, mais déterminé à montrer que les remèdes se trouvent dans la nature et dans les analogies nécessaires et le couplage avec les influences planétaires. Astrologue confirmé, il est à la base de la médecine spagyrique.

 Georg Agricola (1494-1555)

Spécialisé dans la métallurgie, il publia De re metallica un véritable ouvrage d’ingénierie dans lequel il décrit les filons métallifères, les appareils à utiliser pour les exploiter, le traitement et la réduction des minerais, l’affinage des métaux ainsi que les différents sels obtenus par évaporation des eaux naturelles. Ce bréviaire contient naturellement pour l’époque des incantations et autres superstitions pour aider les mineurs à traverser, en toute sécurité, et dans le respect des « esprits souterrains » les galeries de la mine. Le scientifique rationnel critique, à tord, cet état de fait à l’époque car n’oublions pas le contexte politique voire « sacrément » autoritaire de l’inquisition catholique.

Jean Baptiste Van Helmont (1577-1644)

{Elève de Paracelse} Il s’est attaqué aux conceptions d’Aristote en déclarant que « le feu n’est ni un élément ni une substance. » Il a inventé le terme « gaz » à partir du mot grec chaos car il a expérimenté de nombreuses expériences permettant de former des gaz comme le « gaz carbonum, le gaz pingue, le gaz sylvester… ». Il a réalisé ce qu’on appelait en son temps : « la plus belle expérience de transmutation » puisqu’en plongeant du fer dans du vitriol bleu (le sulfate de cuivre Cu2+ ; SO42-) il obtenait du cuivre. Ainsi est-il obtenu la transformation du fer en cuivre ce qu’on nomme maintenant une réaction d’oxydoréduction, d’équation :

Fe(s) + Cu2+ = Fe2+ + Cu(s)

Van Helmont était également un mystique catholique qui insistait sur le fait qu’une vérité scientifique devait être conforme aux enseignements bibliques.

Articulation entre deux mondes : L’alchimie et la Chimie moderne

En chimie, le XVII° siècle sonne le glas d’une confusion entre le mysticisme et l’approche rationnelle de la science. La révolution de la physique et les approches galiléennes de l’étude des corps en mécanique, de la composition des vitesses, de la théorie héliocentrique remis au goût du jour et surtout de l’insistance conceptuelle pour les nouvelles lois physiques : la formalisation mathématique doit être à la base du langage scientifique.

Les chimistes comme Bruno et Sennert (1572-1637) retrouvent l’origine du raisonnement de Démocrite et Sennert déclare que toutes les substances corruptibles doivent se composer de corps simples « dont elles proviennent et dans lesquels elles se résolvent ». Ces corps simples ne sont pas des abstractions mathématiques comme pouvait le considérer Pythagore, mais des quantités physiques et donc des atomes. Les sciences de la matière deviennent « quantitative » et des mesures qui vont en résulter, les scientifiques font découvrir les « lois cartésiennes et classiques de la matière ».

Pythagore de Samos (-500)

 Pythagore avait fondé une école de sciences, d’art musical et de philosophie symbolique mais également mystique. Pour intégrer cette école, la sélection était très difficile ; selon certains auteurs, il ne fallait pas parler pendant deux ans… c’est-à-dire que le postulant devait, avant toute chose, apprendre à se taire et surtout limiter le discours interne du mental. L’école pythagoricienne formait des disciples à la philosophie et aux sciences.

SE TAIRE : Cette contrainte bien connue également à l’époque de « l’esprit monacal » provient du symbole de l’aigle contenu dans le sphinx égyptien. Il s’agit d’apprendre à Se Taire pour mettre en veilleuse le mental et laisser ainsi la place disponible pour l’apprentissage, l’expérimentation et la créativité.

Pythagore commence par exposer ses théories (philosophie, astronomie, mathématiques, musique…) à l’âge de 40 ans, de retour sur l’île de Samos où il était né. Après un long voyage en Égypte, à Babylone, il s’était imprégné des connaissances orientales pour les combiner avec les apports de sa propre culture. En fait, son père (Mnésarque) conduit le jeune Pythagore à Tyr pour y étudier les théories des phéniciens. Ensuite, il visita l’Égypte (Memphis), l’Arabie, puis il s’installa pendant douze ans à Babylone. C’est donc à Babylone qu’il trouva le savoir nécessaire pour « percevoir l’ensemble des choses ». Bien sûr, nous l’avons vu dans le chapitre consacré aux Sumériens, Pythagore ramène en occident son fameux théorème appliqué au triangle rectangle permettant également de résoudre l’équation a²+b²=c² dont les solutions (a,b,c) forment un triplet pythagoriciens. Mais ce n’est pas tout…

Lire la suite Pythagore de Samos (-500)

BRUNO Giordano (1548-1600)

Affiche Italienne

Giordano Bruno a fait deux séjours à Paris :

  1. De la fin de 1581 au milieu de l’été 1583
  2. De décembre 1585 au mois de juillet 1586

Des voyages par obligation, de l’érudition et un tempérament inflexible qui condamne Giordano Bruno car ses idées novatrices s’opposaient à la pensée unique de l’époque. Son procès eu lieu en 1592 {M Domenico Berti} et il rédigea une profession de foi pour expliquer la structure de sa philosophie inspirée par celle de Pythagore.

« Je crois, en somme, à un univers infini c’est-à-dire à un effet du pouvoir divin infini parce que j’ai estimé qu’il serait indigne de la bonté et de la puissance divines qu’elles eussent produit un monde fini alors qu’elles sont capables, outre ce monde, d’en produire un autre ou une infinité d’autres. C’est pourquoi j’ai déclaré qu’il y a des mondes particuliers infinis semblables à celui de la terre. Avec Pythagore, je crois que la terre est un astre de même nature que la lune et les autres planètes, les autres astres qui sont infinis. Je crois que tous ces corps sont des mondes, qu’ils sont innombrables : ainsi est constituée l’infinie universalité dans un espace infini et c’est ce qu’on appelle l’univers infini dans lequel sont des mondes sans nombre de sorte qu’il y a une double sorte de grandeur infinie dans l’univers, et une multitude des mondes. D’une façon indirecte, on peut considérer cette manière de voir comme une contradiction avec la vérité selon la véritable foi.

En outre, je place dans cet univers une Providence universelle en vertu de laquelle tout vit, croît, se meut et atteint sa perfection. Je comprends cela de deux manières. La première est relative au mode d’après lequel l’âme entière est présente dans tout le corps et dans chacune de ses parties : je l’appelle nature, l’ombre et l’empreinte de la divinité. La seconde, c’est le mode ineffable dans lequel Dieu, par essence, présence et puissance, est dans tout et au-dessus de tout, non comme une partie de ce tout, non comme une âme, mais d’une manière inexplicable.

Je crois, aussi, que tous les attributs dans la divinité sont une seule et même chose. D’accord avec les théologiens et les grands philosophes, je saisis trois attributs : puissance, sagesse et bonté, ou plutôt, mental, intellect, amour, qui acquièrent l’être dans le mental : ils acquièrent ensuite une nature ordonnée et distincte par l’intellect, ils arrivent enfin à la concorde et à la symétrie par l’amour. Aussi je conçois l’être dans tout et au-dessus [163] de tout, parce qu’il n’y a rien qui ne participe pas à l’être et qu’il n’y a pas d’être sans essence, de même qu’il n’y a rien de beau sans que la beauté soit présente. Aussi, rien n’est exempt de la présence divine. C’est donc par la raison et non par le moyen d’une vérité substantielle que je conçois la distinction dans la divinité.

Admettant, donc, que le monde a été produit et formé, je comprends que, en tenant compte de son être total, il dépend de la cause première et qu’ainsi il n’est pas en contradiction avec ce qu’on nomme création. C’est aussi ce qu’exprime Aristote quand il dit : « Dieu est ce dont dépend le monde et toute la nature. » Par conséquent, suivant la définition de saint Thomas, qu’il soit éternel ou dans le temps, il est, de par tout son être, dépendant de la cause première et rien en lui n’est indépendant.

J’arrive aux questions qui relèvent de la vraie foi. Je ne m’expliquerai pas en philosophe pour aborder l’individualité des personnes divines, la sagesse et le fils du mental appelé par les philosophes : l’intellect et par les théologiens le verbe qui, d’après ces derniers, a assumé de chair humaine. Mais moi, m’en tenant aux termes de la philosophie, je ne l’ai pas compris ainsi : j’ai douté et je n’ai pas, à cet égard, été constant dans ma foi. Non que je me souvienne de l’avoir laissé paraître dans mes écrits et mes paroles, si ce n’est indirectement et par déduction, à propos d’autres questions. On peut réunir quelques indications comme il est toujours possible de le faire pour un esprit inventif, pour un professionnel, quand il s’agit de ce qui est susceptible d’être prouvé par le raisonnement, conclu d’après nos lumières naturelles. Ainsi, pour ce qui regarde le Saint-Esprit en tant que troisième personne, je n’ai pas été capable de comprendre ainsi qu’on doit croire. Mais à la manière Pythagoricienne, en conformité avec l’interprétation de Salomon, j’ai compris le Saint-Esprit comme l’âme de l’Univers ou comme adjoint à l’Univers. C’est être d’accord avec la Sagesse de Salomon qui a dit : « L’esprit de Dieu remplit toute la terre et ce qui contient toutes choses. » C’est également conforme à la doctrine Pythagoricienne expliquée par Virgile dans l’Enéide :

Principio coeleum ac terras camposque liquentes,

Lucentemque globum Lunoe, Titaniaque Astra

Spiritus intus alit, totamque, infusa per artus,

Mens agitat molem… 184

et les vers qui suivent.

Donc, de cet esprit qu’on appelle la vie de l’univers tel que ma philosophie le comprend, procède la vie et l’âme pour tout ce qui possède une vie et une âme. Je crois l’âme immortelle. Les corps sont immortels aussi, quant à leur substance, car il n’y a pas d’autre mort que la division de la congrégation : cette doctrine semble exprimée dans l’Ecclésiaste qui dit : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, ce qui est c’est ce qui fut. »

 

Hypatie d’Alexandrie (370-415)

Martyre de la pensée libre

Première martyre de la pensée libre et de la science, fille de Théon, elle subit (violemment) le sectarisme de l’église chrétienne. En 415, suite à une querelle idéologique entre Oreste (gouverneur d’Alexandrie et protecteur des libres penseurs) et Cyrille (Évêque d’Alexandrie en 412), une violente émeute se déchaîne dans le peuple. Hypatie est fidèle à son idéal, elle est proche d’Oreste (néo-platonicien) qui était considérait comme influencé par le paganisme. Cette querelle idéologique mène « la foule » en déroute qui assaille Hypatie, la lapide, la traîne devant l’église et découpe son corps en morceaux (démembrement). C’est l’un des épisodes les plus tragiques de l’effondrement de la science grecque et de l’anéantissement de la pensée libre. Les premiers chrétiens (d’occident) étaient de féroces sauvages !

Capture d’écran du film d’Alejandro Amenabar. Hypatie vient de lâcher un mouchoir qui tombe en chute libre (mouvement rectiligne) sur le sol.

Hypatie naquit à Alexandrie vers 370. Fille du mathématicien Théon d’Alexandrie (professeur au Muséum), adaptateur des Éléments et de l’Optique d’Euclide et commentateur de l’Almageste de Ptolémée. Hypatie reçue une brillante éducation auprès de son père et au cours d’un séjour en Grèce avec Themistius et Plutarque, les fondateurs de l’école néo-platonicienne d’Athènes.

Hypatie était très belle, douée d’une intelligence pénétrante, elle était vénérée par tous ceux qui connaissaient son érudition, ses vertus et la noblesse de son caractère et son éloquence persuasive lui valurent une renommée éclatante qui est attestée dans les lettres de Synésius, évêque de Ptolémaïs (en 410) et ex-philosophe néo-platonicien.

Il s’agit de l’un des rares témoignages de l’époque : « Mon cœur soupire après la présence de ton esprit divin » écrivait-il en 413, « qui plus que tout autre chose calmerait l’amertume de ma destinée » disait-il en parlant d’Hypatie.

Dans une autre lettre, il dit : « Oh, ma mère, ma sœur, mon instructeur, ma bienfaitrice ! Mon âme est fort triste. Le souvenir de mes enfants que j’ai perdus causera ma mort… {Il avait abandonné famille, enfants et bonheur pour la foi chrétienne qui tuera son unique amie} Lorsque je reçois de tes nouvelles et que j’apprends que tu es plus heureuse que moi, je ne suis malheureux qu’à moitié. »

C’est au Muséum d’Alexandrie qu’elle enseigna les mathématiques et commenta les textes d’Aristote et de Platon. Elle poursuit l’œuvre de vulgarisation de son père et rédigea des commentaires sur :

  • les 6 premiers livres de l’arithmétique de Diophante ;
  • le traité des coniques d’Apollonius ;
  • les tables de Ptolémée ;
  • les différentes philosophies de l’époque qui se déchirent en Orient. (Opposition entre christianisme et paganisme)

Paganisme signifiant paysans et rustres. Pseudo-paganisme grec car voir la structure hiérarchisée de Pythagore…

A propos du monothéisme et du polythéisme, il faut considérer que le « Dieu » des Hébreux « Elohim » est un mot au pluriel ainsi peut-on comprendre que la trinité chrétienne « Père-Fils-Saint-Esprit » qui définie une pluralité et la fameuse phrase de Jésus : « mon Père et moi, nous faisons qu’un » ; il y a bien deux « personnages » que l’on souhaite unifier dans un monothéisme validé au Concile de Nicée en 325. Dans les trois religions du Livre, seul les musulmans dans le Coran affirme clairement le monothéisme en Allah que l’on ne peut personnifier ni imager ni anthropomorphiser. En Orient, les védas affirment (depuis des lustres) également le monothéisme (Loi de Manu) en Parabraham que l’on peut traduire par « Celui dont rien ne peut être dit ».

Hypatie restait fidèle aux enseignements antiques de la philosophie grecque. Son interprétation, plutôt intellectuelle que mystique, pouvait trouver un point d’entente avec le christianisme libéral. Et c’est dans ce contexte qu’elle perpétua son enseignement au Muséum et qu’elle dirigea avec force et liberté la tête de l’école néo-platonicienne d’Alexandrie.

La mort d’Oreste

Mais après la mort d’Oreste, qui assurait la sécurité et la protection des philosophes contre leurs ennemis féroces, les évènements qui suivirent se dégradèrent rapidement pour finaliser la dispersion de l’école Éclectique qui était devenue le plus ardent espoir des chrétiens (d’occident). Et ceci jusqu’à la mort d’Hypatie qui devait, sous peu, devenir un amas de chair et de sang, écrasée sous les coups de massue de Pierre le Lecteur. Son jeune corps innocent fut taillé en pièce, « la chair raclée des os » avec des écailles d’huitres et le résidu jeté dans les flammes par ordre du même évêque Cyrille qui, plus tard, fut canonisé comme saint !

N’oublions pas cela, lorsque les occidentaux (chrétiens d’occident) parlent des autres peuples et des autres religions…

« Aucune religion au monde n’a été plus sanglante que le christianisme. Les féroces batailles du « peuple élu », les tribus idolâtres d’Israël, palissent devant le fanatisme meurtrier des partisans du Christ ! » H.P.B

Bahira, le moine nestorien

Bahira le vieux sage (moine chrétien d’orient, nestorien avec la barbe blanche) reconnait les stigmates entre les omoplates du jeune prophète de l’Islam.

Pour conclure cette période grecque, riche en philosophie et en nouvelle méthodologie scientifique, laissons H. P. Blavatsky établir le lien avec la prochaine période :

« L’extension rapide du mahométisme conquérant par le glaive du prophète de l’Islam est une conséquence directe des batailles et des rixes sanglantes parmi les chrétiens. Ce fût la guerre intestine entre les partisans de Nestor et de Cyrille qui donna naissance à l’Islamisme ; et ce fut dans le couvent de Bozrah que la prolifique semence fut premièrement plantée par Bahira, le moine nestorien. Arrosé par les fleuves de sang, l’arbre de la Mecque s’est développé au point que dans le siècle actuel (1877) il abrite près de deux cents millions de fidèles {En 2000, l’Islam compte au moins 1,6 milliards de fidèles}. Les récents massacres bulgares sont le résultat naturel du Triomphe de Cyrille et des adorateurs de Marie. »

{Ci-dessus : Bahira, le vieux sage (moine chrétien d’orient, nestorien avec la barbe blanche) reconnait les stigmates entre les omoplates du jeuneprophète de l’Islam.}

Descartes René du Perron (1596-1650)

Il est né à la Haye (Indre et Loire-Touraine), il est le créateur de la géométrie analytique (repère cartésien, coordonnées cartésiennes[1], courbe et équation)… En physique, il essayait d’expliquer les effets (expérimentalement observés) en les déduisant des causes théoriques (formalisation mathématique). Le principe de causalité est né d’un point de vue analytique car Aristote dans « Physique » le considère déjà avec fermeté. Descartes va cadrer (formaliser, limiter) le raisonnement des physiciens pendant trois cent ans. Juste le temps pour trouver des faits qui en détrône la validité. Les conséquences cognitives du principe de causalité sont :

  •      la linéarité de l’écoulement du temps,
  •      le découplage de l’espace et du temps,
  •      la rigidité des déductions logiques…

Les fondements des structures cartésiennes sont considérés de nos jours comme « des approximations » d’un modèle théorique plus complet : relativité restreinte et/ou superposition des fonctions d’onde en mécanique quantique – Le chat de Schrödinger.

REGLE XII pour la direction de l’esprit : « Enfin il faut se servir de tous les secours qu’on peut tirer de l’entendement , de l’imagination, des sens et de la mémoire, soit pour avoir l’intuition distincte des propositions simples (axiomes), soit pour bien comparer les choses qu’on cherche avec celles qu’on connaît, afin de les découvrir, soit pour trouver les choses qui doivent être comparées entre elles, de telle sorte qu’on oublie aucun des moyens qui sont au pouvoir de l’homme. »

Cette règle ne concerne pas les principes de la physique classique qui prennent racines dans les œuvres de Descartes car l’imagination et l’intuition sont des processus cognitifs « non scientifiques » par définition. René Descartes représente aujourd’hui « le père du raisonnement cartésien » : Déduction analytique et systématique basée sur le principe de causalité. Il pensait également que le doute (sur une question posée) n’est pas un problème puisqu’il l’évite, ne le considère pas et il continue de manière linéaire son raisonnement sans tenir compte de cette « bifurcation » possible… La théorie mathématique du chaos invalide la position de Descartes et donc des grecs) sur la conception du doute, en formalisant la théorie des bifurcations dans la résolution des équations différentielles du second degré.

Le syllogisme grec permet de comprendre le principe de causalité comme reflet d’un raisonnement cognitif inscrit dans la déduction « logique » d’une suite d’évènements élémentaires : « A = B, B = C donc A = C ».

D’un point de vue épistémologique (étude critique des sciences), le principe de causalité se définie de la façon suivante : « une même cause produit toujours les mêmes effets ». Il existe également dans  ce principe, une notion qui précise l’orientation supposée de la « flèche du temps[2] ». Car, en toute logique, « l’effet » ne pas précéder la « cause » qui lui donne naissance. C’est un problème non résolu par la philosophie occidentale qui prolonge son raisonnement cartésien jusqu’au nihilisme. C’est aussi un problème bien connu en sciences physiques et chimiques et plus particulièrement en thermodynamique.

La mécanique quantique annihile le principe de causalité par une combinaison linéaire des fonctions d’onde (le chat est « à la fois mort et vivant ») qui représentent différents « états d’observables », leurs évolutions probables et la mesure (réduction du paquet d’onde) qui en perturbe (et réinitialise) l’état du système.

J’ai insisté sur les lacunes des méthodes de Descartes car les « non-scientifiques » actuels insistent trop sur le rationalisme et ils devraient se cultiver davantage en prenant connaissance du nouveau paradigme scientifique. Mais si on replace les efforts de Descartes dans son temps, il faut lui reconnaître en mathématique la géométrie analytique.

Néanmoins, Descartes a conceptualisé la « théorie des tourbillons » qui implique l’éther comme force motrice des mouvements planétaires. La théorie des mouvements tourbillonnaires fut vite remplacé par la gravitation, mais elle est repris par Maxwell en électromagnétisme, dans la théorie cinétique (des gaz), dans les idées sur la constitution des atomes et dans la formation des nébuleuses (disque d’accrétion).

Curieusement l’idée que se fait Descartes sur la lumière est assez particulière. Mais elle correspond à la « pensée unique » du XVIIe siècle en occident. Il faut dire qu’à l’époque, les cieux reflètent l’amalgame indigeste d’un catholicisme anthropomorphisé et d’un aristotélisme matérialisé. Dans le Discours Premier sur la Dioptrique, et à propos de la lumière, Descartes affirme qu’elle peut « étendre ses rayons en un instant, depuis le soleil jusqu’à nous : car vous savez que l’action, dont on meut l’un des bouts d’un bâton, doit ainsi passer en un instant jusques à l’autre, et qu’elle y devrait passer en même sorte, encore qu’il y aurait plus de distance qu’il n’y en a, depuis la terre jusques aux cieux ». Comment peut-on imaginer que la lumière se déplace instantanément c’est-à-dire que sa vitesse est infinie ? Deux explications à cela :

« Au commencement était le lumière » et « rien de nouveau sous le soleil » sont deux phrases mythiques de l’Ancien Testament qui, respectivement, divinise la lumière et place la Terre au centre de l’univers.

« La théorie des idées se perd dans les abstractions » cette phrase d’Aristote est prononcée pour se démarquer de Platon. Les conséquences peuvent être résumées par l’approche matérialiste de la connaissance humaine qui se termine de nos jours dans l’individualisme excessif.

C’est Römer qui découvre, moins d’un siècle plus tard, les limites de la lumière et qui estime, à 7 ou 8 minutes, la durée nécessaire pour que la lumière nous parvienne du soleil.

Au début de 1637 et par l’intermédiaire de Mersenne, Descartes demanda au Roi de France de publier son Discours de la méthode et ses trois Essais. Beaugrand était secrétaire du Chancelier et accessoirement, ami de Fermat. Sans ne rien dire à personne, il lui communique l’Essai Dioptrique. Mersenne apprenant cela, demande à Fermat de garder silence et de lui envoyer son point de vue après lecture. Puis avec l’élégance du discours d’un avocat, après avoir considéré les « belles figures » de Descartes, Fermat indique que les fondements sont absents : « j’appréhende que la vérité leur manque aussi bien que la preuve ». Le modèle de Descartes reposait sur des hypothèses non justifiées et des contradictions évidentes entre l’idée d’une propagation instantanée de la lumière et une vitesse de propagation dépendant du milieu dans lequel elle se déplace.

Selon moi, la contradiction provient de la scolastique pour le déplacement instantané de la lumière et de Snell pour les propriétés de la réfraction. Fermat ne comprenait pas non plus pourquoi la lumière se propage plus vite dans les milieux plus denses ; Et c’est normal car cette déduction de Descartes est fausse ; car on sait maintenant que c’est l’inverse, Descartes a certainement utilisé les propriétés du son qui était connues à l’époque et dont il reprit, visiblement, les déductions puisqu’un son se déplace d’autant plus vite que le milieu qui le propage est d’autant plus dense. Et c’est toute la question des interactions entre la matière et l’énergie. Seule la vision quantique, quantifiée et probabiliste permettra de trouver un point d’équilibre à la théorie.

[1] C’est un « espace vectoriel » de base, celui utilisé pour la mécanique classique et la notion de repère galiléen, il est enrichit par l’espace de Hilbert (théorème des résidus dans le plan complexe) et les notions d’espace non-euclidien (distorsion de l’espace-temps, somme des angles d’un triangle supérieur ou inférieur à 180 degrés…

[2] La science décrit la flèche du temps par le principe d’entropie qui montre qu’au cours de toutes transformations thermodynamiques (transfert d’énergie), l’entropie est toujours positive (phénomènes irréversibles). A partir de Boltzmann (théorie statistique),  les pertes inhérentes au système matériel conduisent à l’augmentation du « désordre » ;  concept repris dans la théorie de l’information (médiatiques et sociologiques). Ce concept de désordre conduit à la théorie de Shannon en sciences sociales.

Tesla Nicolas (1856-1943)

Il est né en Yougoslavie et mourut aux États-Unis en 1943. Il débute sa carrière d’ingénieur à Budapest en 1881. Dans la dynamo de Gramme, il a l’idée de supprimer les étincelles du collecteur, au moyen de rotation magnétique.

En 1883, il invente le moteur asynchrone (courant alternatif), mais le courant continu engloutissait tous les budgets publics… pour vaincre les difficultés de la transmission à distance de l’énergie électrique. A l’époque le courant alternatif était mal adapté en France ; il part en Amérique. Il fonde en 1887 la « Tesla Electric Company » et dépose une grande quantité de brevets (systèmes polyphasés, moteurs asynchrones, transmission à distance, courants à haute fréquence et/ou haute tension avec transformation à auto-induction (utilisait également à des usages thérapeutiques).

Par rapport à la créativité débordante de Tesla et à ses interrogations, son professeur universitaire (déjà) disait que « cela équivaudrait à transformer une force qui agit dans un sens, pareillement à la gravitation, en une force rotationnelle. Ce serait le mouvement perpétuel, par conséquent une idée irréalisable. »

Par son intention de se passer des contacts rampants dans la production des courants continus, engendrés par l’induction électromagnétique – chose en effet impossible – Tesla faisait allusion à l’expérience irréalisable, consistant à exploiter le modèle idéal de la rotation d’un seul pôle magnétique dans le champ (polydrome) d’un conducteur de courant continu. Tesla était nommé à l’époque comme le « poète de l’électricité » pour les expériences spectaculaires qu’il imaginait et pour les utopies qu’il poursuivait. Mais il n’a pas cueillit les fruits de ses inventions car exploitées pour le bien public.

Pour rentrer plus en détail dans la vie de Tesla, il est nécessaire de comprendre certaines choses. D’abord que sa mère était d’une rare intelligence, elle pouvait inventer toutes sortes d’instruments pour la cuisine ou le jardin. Très jeune, Tesla manifeste un don à l’ingéniosité et à l’inventivité. Il fait preuve de curiosité et il expérimente une première centrale en miniature qui utilisait la force de l’eau. Il construisit également un moteur à eau alimenté par des insectes. Il voulut aussi expérimenter l’acte de voler qui se soldat par un échec et quelques fractures. Certaines de ses idées étaient totalement surprenantes, Il imagina de construire un cercle autour de la Terre, au niveau de l’équateur pour que le cercle puisse orbiter à la même vitesse de la Terre lors de sa rotation.

Tesla avait un esprit hors du commun, il était doué d’une puissance mentale impressionnante :

  • mémorisation décuplée ;
  • mentalisation précise ;
  • visualisation mentale en 3D ;
  • des visions se manifestées dans sa tête ;
  • états altérés de conscience ;
  • Hypersensible ;

Ces propriétés intrinsèques et surdéveloppées faisaient de Tesla un génie. Il était admiré par de grands scientifiques comme Lord Kelvin, Hermann Von Helmholtz, William Crookes, Lord Rayleigh, James Dewar, Robert Millikan, Albert Einstein, Ernst Rutherford, Arthur Compton et Niels Bohr pour les plus connus. Dans un numéro spécial de Life Magazine, il est classé 57ième parmi les 100 personnes les plus inventives du deuxième millénaire.

Tesla était un visionnaire et il est reconnu comme tel un demi-siècle après sa mort. Ses inventions étaient visualisées dans sa tête, avec précision et le souci du détail, ses processus de créativité étaient stimulés par sa soif de connaissance, il pouvait ainsi passer rapidement de l’intuition à la logique conceptuelle en peu de temps. En fait, ses découvertes étaient complètement imaginées dans sa tête avant de les réaliser concrètement. Il maîtrisait un processus d’analyse mentale qui lui permettait de « décomposait hiérarchiquement le problème en autant de sous-systèmes afin d’identifier précisément les solutions » comme l’exprime M. Todorani.

Tesla mentionnait l’existence d’un monde supérieur dans lequel toute la connaissance et tout ce qui existe est déjà écrit comme des « archives cosmiques ». Dans les Védas, cela s’exprime par l’Akasha et Tesla était grandement influencé par la philosophie védique. Cette philosophie lui permis de comprendre l’unité du monde et la dépendance de la matière par l’esprit. Toutes ses inventions reposent sur l’existence d’un « éther » inhérent à toutes choses que les orientaux nomment « prana ».

Euclide d’Alexandrie

Euclide compile les Éléments de géométrie, mais aussi le mouvement apparent des étoiles, la propagation rectiligne de la lumière, la réflexion par les miroirs et les notions de perspectives…

A cette époque, Alexandrie représente le centre scientifique le plus actif de la méditerranée. Euclide fut élevé à Athènes et il était considérait là bas comme le plus grand, son influence perdura dans l’histoire, jusqu’au cercle de Bourbaki (XXe s. France) dont les mathématiciens adoptèrent comme devise : « A bas Euclide ! »

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