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BOHM David (1917-1992)

David Bohm est né à Wilkes-Barre en Pennsylvanie aux États-Unis, et il manifeste de manière précoce un fort intérêt pour la science. C’est dans les années 70-80 qu’il formule ses idées sur « l’ordre implicite » dans l’univers et sur le relatif « modèle holographique » de la réalité. Bohm est un physicien qui s’interroge constamment sur les liens possibles entre la science et la philosophie. En 1959, il rencontre le penseur indien Jiddu Krishnamurti qui l’influence grandement dans sa « perception invisible » de la réalité.

Sa relation avec Krishnamurti

David Bohm était un physicien complet, un individu qui, au fil du temps, n’a pas hésité à se tourner vers la mystique tout en approfondissant le langage de la science formelle dans le domaine de la mécanique quantique.

Krishnamurti développe une « philosophie pratique » à l’usage de l’âme. Le niveau nécessaire pour comprendre son enseignement est élevé, trop d’ailleurs, pour l’époque où il l’exprima. Et cela posa des problèmes puisque certaines personnalités conditionnées par la « maya » ont déformé le message de Krishnamurti. Mais ce n’est pas le cas de Bohm qui, plongé dans les profondeurs de la matière et inspiré par la modélisation (possible) des phénomènes à cette échelle, intégra « l’ordre implicite » dans ses représentations. Bohm réfléchissait (avec d’autres) aux relations existantes entre la conscience et la matière. Il n’y a pas de séparation (à proprement parlé) entre les deux,  mais une continuité et une dépendance de la matière à « l’ordre implicite » d’une réalité sous-jacente et immatérielle. Cette vision est contenue dans les nombreux mythes de l’Ancien Commentaire Oriental. D’où les liens maintenus et fermes entre Bohm et Krishnamurti. 

Bohm et le potentiel quantique

Dans le domaine de la physique théorique, David Bohm injecte dans les équations probabilistes de la mécanique quantique un caractère déterministe avec la notion du potentiel quantique.

Bohm est diplômé de physique subatomique en 1939. Il obtint son doctorat en 1943 à Berkeley au Lawrence Radiation Laboratory. C’est le dernier physicien-chercheur qui travailla sous la houlette de Robert Oppenheimer. Les recherches de Bohm concernaient la théorie des plasmas, la théorie du synchrotron (et synchrocyclotrons) et par la suite à l’université de Princeton, la théorie des électrons dans les métaux, la mécanique quantique et les particules élémentaires. Bohm était un intuitif et contrairement aux thèses de Niels Bohr, Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger, John Von Neumann et Wolfgang Pauli qui prévoyaient une interprétation nettement indéterministe, Bohm « décrivit les particules élémentaires comme des entités qui bougent de façon apparemment déterministe sous la conduite de ce qu’il appela le potentiel quantique. »   (Massimo Teodorani)

C’est en 1952 qu’il développe ce concept dans deux articles publiés dans la revue américaine Physical Review. Stimulé par les conséquences épistémologiques des résultats de l’expérience EPR (définitivement validée en 1982), Bohm démontre que « les particules élémentaires peuvent communiquer de manière instantanée, indépendamment de la distance qui les sépare ».

Bohm est issu d’une famille juive, son père voulait qu’il use de sa créativité dans les inventions scientifiques pour gagner de l’argent. Mais le fils refusa et se plongea, au contraire, dans les idées politiques liées au communisme. Avant de terminer sa thèse à Berkeley, Oppenheimer lui demande (1942) de participer au projet Los Alamos pour construire une bombe basée sur l’énergie nucléaire. Mais le général Leslie Groves (chef de projet Manattan) s’y opposa en prétextant les implications de Bohm dans ses opinions politiques. Au cours de ses recherches à Berkeley, Bohm avait travaillé sur les collisions proton-deutérons qui se trouvent justement à la base des connaissances nécessaires pour l’élaboration d’une bombe atomique. « Il fut considéré  comme un individu très dangereux, voire comme un potentiel traître à la solde de l’ex-Union-Soviétique. » Dans ce contexte, il éprouva de nombreuses difficultés pour terminer sa thèse en 1943. Heureusement qu’Oppenheimer était là pour le soutenir et intervenir dans le bon sens auprès des autorités.

Après la guerre Bohm travailla avec Einstein à l’université de Princeton. Ils étaient proches et amis. Le sénateur McCarthy et le comité qu’il présidait enquêtait sur les opposants politiques et surtout les communistes. En 1950 Bohm doit témoigner sur ses activités politiques et après avoir invoqué le cinquième amendement de la Constitution américaine, il est arrêté jusqu’en mai 1951. L’université de Princeton l’avait déjà licencié sans reproduire son contrat. Il choisit l’université de Sao-Paulo au Brésil pour poursuivre ses recherches (sur les plasmas).  Il passe peu de temps, en 1955, au Technion Institute de Haïfa en Israël, ses travaux n’y sont pas stimulés mais il trouve sa femme (Saral) avec laquelle il restera jusqu’à la fin de sa vie. Il part pour la Grande-Bretagne en 1957 pour travailler à l’université de bristol, puis à l’université de Londres, au Birbeck Collège où il enseigna la physique théorique jusqu’à sa retraite en 1987. Après l’invasion de la Hongrie par l’Union Soviétique (en 1957), il se détache du communisme pour s’adonner à la philosophie de Hegel. Au cours du temps, la vision du monde selon Bohm devient de plus en plus mystique.

La conscience de soi et du monde

A force d’étudier les phénomènes de la nature, d’essayer de percer les mystères de la réalité et de la vie, les théoriciens développent leurs modèles avec toujours plus de précision pour aboutir aux identifications surprenantes avec la conscience humaine. La psychologie utilise les termes de « conscience de soi » et de « conscience de groupe » pour différentier l’individu et la communauté. Qu’il s’agisse de communauté locale, nationale ou mondiale. Il est évident que l’être, l’un, est au cœur de tous, et qu’une transition de conscience (à double sens) s’effectue obligatoirement entre la personne unique vers sa famille, son village, son pays, le continent pour atteindre la globalité terrestre. L’ancienne maxime gnostique est toujours d’actualité : « Un est dans tout, tout est dans Un ». Il est certain qu’en politique également, il se manifeste dans les oppositions manichéennes de la droite et de la gauche, une confrontation entre l’individualisme et le collectivisme. Comme dans de nombreux domaine de la vie humaine depuis des millénaires, il semble évident que « le Tout est plus que la somme de ses parties ».

La particularité des plasmas

« Plasma » est un terme générique pour décrire le comportement global d’une matière gazeuse contenant des électrons et des ions positifs d’une densité très élevé. Exactement comme ce qui se passe au cœur des étoiles. Bohm s’aperçut bien vite que les électrons contenus dans un plasma cessent de se comporter comme des particules individuelles qui commencent à s’identifier à un ensemble plus vaste en interconnexion. L’électricité est un déplacement d’électron dans un métal. Et dans ce cas également, les « électrons individualisés » sont en mesure de produire des effets d’ensemble hautement organisés.

Dans notre système solaire, comme dans les autres, la matière s’identifiant aux plasmas constitue donc 99 % de la matière totale de notre système. Il s’agit donc du tout ! Le reste, qui compose toutes les planètes, les comètes et autres astéroïdes, ne représente qu’un négligeable pourcentage. Lorsqu’on analyse les phénomènes liés aux plasmas, la vision systémique est naturellement considérée puisque c’est une perception globale du système qui permet d’éviter les errances illusoires d’une théorie approximativement locale. Il me semble judicieux de prolonger cette réflexion sur les différences formelles des équations intégrales ou locales dans le champ électromagnétique (par exemple).

Dans un plasma, la densité est telle, que les interactions des particules chargées sont limitées aux particules proches (petites distances). Bohm explique le mouvement libre des particules agissant de proches en proches par des coordonnées individuelles (mouvement aléatoire) sachant qu’un plasma est décrit comme une série d’oscillations collectives comportant un très grands nombres de particules. Bohm établit des relations mathématiques pour exprimer le mouvement collectif du tout comme initié par le mouvement aléatoire individuel (et inversement). Ces relations de passage permettent de démontrer pourquoi les plasmas deviennent instables dans un champ magnétique externe (diffusion de Bohm).

Les plasmas s’inscrivent pleinement dans une recherche holistique de la transcription/formalisation des phénomènes physiques. Avec les explications précédentes, les relations de passage entre « l’un et le tout » sont encore à préciser.

Le terme « plasma » (grec : matière informe) est introduit en 1923 par le physicien américain Irving Langmuir pour désigner le milieu partiellement ionisé dans les tubes à décharge (Crookes…). Les plasmas sont classés en fonction de leur densité :

  • Plasma à forte densité comme dans le cœur des étoiles ;
  • Plasma à densité moyenne comme dans les tubes à décharge ;
  • Plasma à faible densité comme dans l’ionosphère terrestre.

L’état plasma est un nouvel état de la matière au même titre que l’état solide, l’état liquide et l’état gazeux. Les états de la matière se distinguent les uns des autres par l’importance relative des interactions entre particules par rapport aux mouvements d’agitation propre. Pour les plasmas, cette relation holistique est essentielle car le comportement d’un plasma dépend des « collisions binaires » entre constituants et les interactions collectives traduisant l’influence d’un milieu électrique environnant. Il s’agit donc de connaître le « degré d’ionisation » d’un plasma pour le classer : Si les atomes neutres sont suffisamment nombreux, il s’agit de plasma faiblement ionisé puisque les collisions entre électrons et atomes l’emportent sur les collisions entre ions chargés.

Liens externes

Conversations Ojai 1982 (Californie) – Krishnamurti / Bohm / Hidley / Sheldrake

Partie I

Partie II

Voir : https://www.revue3emillenaire.com/blog/connaissance-insight-par-david-bohm/

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