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CLAUSIUS Rudolf (1822-1888)

Il était professeur à l’École supérieure technique de Zurich en 1855 et il eut Roentgen dans son cours sur la théorie de la chaleur, l’élasticité et les vibrations élastiques. Après les travaux de Joule l’idée est répandue que la chaleur n’est pas de la matière…

Clausius développe le principe de Carnot en supposant que la production d’un travail mécanique exige non pas une modification de la répartition de la chaleur (du corps chaud vers le corps froid) mais une dépense de chaleur[1] (point d’appui sur l’équivalent mécanique de la chaleur de Mayer). Depuis 1800 on s’opposait à la perception phlogistique de la chaleur (avec l’idée d’un mouvement de particules).

Mais Clausius exprime avec la notion de différentielle « l’état de fait » des transformations thermodynamiques.

Définition de l’entropie

En associant une réflexion théorique à partir des échanges thermiques et l’interprétation mathématique qui en résulte, Clausius introduit en 1865 la fonction S nommée entropie dont la différentielle – l’évolution infinitésimale sur le chemin d’une transformation –  est :

L’évolution de la différentielle se traduit par un cheminement entre deux états thermodynamiques A et B. Si ce passage est réversible (le système peut retrouver l’état initial A après avoir atteint B (en inversant la flèche du temps) :

L’intégrale à la même valeur qu’elle que soit le chemin parcourut, la transformation est donc réversible. Ainsi peut-on écrire que :

Mais lorsqu’un système thermodynamique évolue entre deux états A et B de manière irréversible (le système ne peut pas retrouver exactement l’état initial A, l’intégrale n’est pas égale à la variation d’entropie DS donc :

De plus, une transformation est adiabatique lorsqu’il n’y a pas d’échange de chaleur entre le système et le milieu extérieur. Et en envisageant l’évolution de la transformation dans le temps, pour toutes ses parties infinitésimales :

dQ = 0.

C’est pourquoi, dans une vision systémique et élémentaire, pour un système isolé, la transformation réelle (irréversible) est adiabatique (dQ=0) donc :

S(B) > S(A) car

Conséquences épistémologiques

La déduction est évidente ! Pour deux états qui se succèdent dans le temps – c’est-à-dire de A (état initial) vers B (état final) – au sein d’un système irréversible et thermiquement isolé, l’entropie augmente en fonction du temps.

En prolongeant cette réflexion systémique, et en considérant l’Univers comme un système isolé (l’analogie est basée sur l’impossibilité de trouver un « milieu extérieur » à l’Univers puisqu’il contient tout), au cours d’une transformation réelle c’est-à-dire irréversible, il y a création d’entropie.

Par ce raisonnement, Clausius introduit la notion d’entropie comme un critère quantitatif pour décrire l’évolution des systèmes dans lequel il y a un échange de chaleur. D’où dérive l’analyse thermodynamique moderne… Mais cette question de l’entropie, d’un point de vue macroscopique (à l’échelle globale du système) va rapidement être démontrée au point de vue microscopique par l’analyse statique des gaz. Pour comprendre cela, il faut imaginer…

En 1827, le botaniste Brown découvre le « mouvement brownien » qui reste incompris, mais Clausius et Krönig élaborent la théorie cinétique des gaz.  La pression d’un gaz est définie comme une conséquence mécanique du choc des molécules sur une paroi. Il existe donc un rapport entre la pression et l’énergie cinétique moyenne. Ensuite, avec la loi de Boyle-Mariotte-Gay-Lussac (démontrée expérimentalement), la loi d’Avogadro définie ce rapport comme proportionnel. L’énergie interne d’un gaz est donc l’énergie cinétique des molécules. Sans les calculer (il faut attendre la théorie des quanta), Clausius suppose également la présence des énergies de rotations et de vibrations des molécules et il montre que malgré les grandes vitesses moléculaires, la vitesse de diffusion et la conduction calorifique des gaz est petite. Mais c’est à Maxwell que l’on doit le calcul du libre parcourt moyen et la répartition de vitesse des molécules.


[1] D’un point de vue énergétique, cette dépense de chaleur représente une « perte d’information » et donc une augmentation d’entropie (voir la démonstration qui suit).

CARNOT Saadi (1796-1832)

Son père (Lazare Carnot) écrit en 1796 des « réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimal » pendant les mauvais soirs de Thermidor. Saadi (le fils) intègre l’École Polytechnique à 15 ans (24ième au concours) et en sort n°1 à 17 ans et demi. Sur une image erronée de son père (tendance au mysticisme), on l’écarte des grands travaux…

État d’esprit

En 1818 il intègre le premier concours du nouveau corps d’État-major. Puis il se fait mettre en disponibilité pour « endosser un costume civil. » Pendant les tumultes de la révolution (1830) il écrit : « Prendre des résolutions d’avance, afin de n’avoir pas à réfléchir pendant l’action ; s’obéir alors aveuglément à soi-même. »

Saadi est un perfectionniste dans les sciences comme les arts, la danse, les lettres, la culture physique, la musique…

Publication

C’est en 1824 qui publie à 200 exemplaires ses « réflexions sur la puissance motrice du feu » dans un petit livret de 64 pages. Après une maladie persistante (scarlatine puis choléra), il meurt à 36 ans. Dans son carnet de notes de 1831, on lit :

« … d’après les quelques idées que je me suis formées sur la chaleur, la production d’une unité de puissance motrice représente la destruction {par opposition à conversion} de 2,7 unités de chaleur. »

C’est l’expression première du deuxième principe de la thermodynamique. La machine à vapeur est surtout découverte en France au cours de l’année 1820. L’intuition de Carnot réside dans l’interprétation et l’implication du « fluide calorique » pour décrire les échanges de chaleur. La phlogistique avait la dent dure encore et manifestait une forme de passivité analytique qui évitait les mesures quantitatives de la variation des paramètres thermodynamiques (quantité de matière, volume, pression, température…). Des expériences quantitatives ont certainement étaient effectuées par Carnot pour annoncer 2,7 unités de chaleur perdues aux cours des transformations/échanges énergétiques du système ; cette « information perdue » n’appartient plus au système, qui d’ailleurs, ne pourra jamais « retrouver son état précédent ». Voilà la description d’une transformation irréversible. Notion fondamentale de la compréhension holistique des systèmes, de l’économie et d’autres sciences humaines qui s’emparent de cette notion pour parler, comme en thermodynamique, d’analyse systémique.

Thermodynamique

Le mode de fonctionnement créatif de l’univers s’oriente vers « la création d’entropie » comme pour libérer les contraintes du temps et le mouvement dans l’espace. Le père de Saadi Carnot considérait tout mouvement mécanique comme le retour à un état d’équilibre d’un système. Le fils écrit :

« La production du mouvement dans les machines à feu est toujours accompagnée d’une circonstance sur laquelle nous devons attirer l’attention. Cette circonstance est le rétablissement de l’équilibre du calorique, c’est-à-dire son passage d’un corps A où la température est la plus élevée, à un corps B où la température est la plus basse. »

Le livre du fils est un monument à la gloire de la pensée du père. Saadi fait preuve d’abstraction pour comprendre les échanges de chaleur sans tenir compte d’une machine quelconque, mais par le phénomène en lui-même et donc dans toutes machines utilisant la chaleur comme force motrice. Saadi pose « intuitivement » un principe qui, analysait pendant 75 ans (par Clausius, Duhem, Kelvin, Clapeyron, Helmholtz), révèle des conséquences majeures dans la compréhension des phénomènes mécaniques, chimiques et électriques. En fait Saadi Carnot aurait pu rester inconnue sans les efforts persistants de (W. Thomson) Kelvin qui, par sa plume et son analyse[2], le fait connaître au grand public avec tous les honneurs justement mérités.

En fait c’est la persévérance de Kelvin qui a permis de retrouver un exemplaire d’occasion du petit livre de Saadi et puis, de le déchiffrer.

Le potentiel chimique

Définition : le potentiel chimique « µ » d’une entité chimique correspond à la variation d’énergie du système considéré comme thermodynamique en fonction de la quantité « n » de cette entité dans le système (dE/dn).

Le nombre n d’espèce chimique se mesure en mole et l’énergie en Joule. L’unité de mesure du potentiel chimique est en J/mol. Les énergies considérées (potentiels) dans un système thermodynamique sont :

  • Energie interne U : variation du volume et de l’entropie avec la pression et la température constante
  • Energie libre F : variation du volume et de la température avec la pression et l’entropie constante
  • Enthalpie H : variation de la pression et de l’entropie avec le volume et la température constante
  • Enthalpie libre G : variation de la pression et de la température avec le volume et l’entropie constante

Le potentiel chimique µ est donc définie en tant que dérivée partielle d’un des quatre potentiels thermodynamiques U, F, H et G). Les différentes mesures associées à un système thermodynamique sont :

  • Volume V : grandeur scalaire extensive
  • Entropie S : fonction d’état extensive qui dépend de la masse ou du volume de matière
  • Pression P : grandeur scalaire intensive
  • Température T : grandeur scalaire intensive. La température est relative à l’agitation (translation et vitesse quadratique) des particules en mouvement (théorie cinétique des gaz 3/2 kT = 1/2 mv²)
  • Quantité de chaleur Q : quantité extensive en Joule.

MAXWELL Clerc (1831-1879)

Il est le premier professeur « Cavendish » de physique expérimentale de Cambridge. Il développe la théorie cinétique des gaz (avec ses « démons ») et il formule les équations du champ électromagnétique qui représentent la première grande unification de la physique théorique (électricité et magnétisme). Maxwell est né en Ecosse à Edinbourg, et il intègre Cambridge pour y faire des études de mathématiques.

Physique expérimentale

En 1854 il est classé second au concours « tripos » de fin d’études. A 25 ans, il obtient une chaire de Philosophie Naturelle à Aberden puis une au King’s Collège de Londres. C’est en 1870 que Cambridge lui propose de créer le « Laboratoire Cavendish » qui, pendant 80 ans, est une référence pour les centres de recherche de la physique expérimentale anglaise. C’est dans ce laboratoire qu’est découvert la théorie électronique de Thomson, la désintégration radioactive de Rutherford et la découverte du neutron par Chadwick. Le laboratoire fut ouvert en 1874. Avant cela, Maxwell réalisa ses principales expériences chez lui avec, comme seule assistance, sa femme !

Solutions et beautés mathématiques

Maxwell était un maître des méthodes mathématiques, il se laissait guider par la beauté, la rigueur et la symétrie d’un développement calculatoire. Sur l’électricité, deux conceptions s’opposaient :

  • celle partant des théories coulombiennes disant que les charges électriques s’attirent ou se repoussent (selon leur charge) dans un espace « vide » dénué de propriétés participant aux phénomènes électriques ;
  • et puis celle partant des théorie de Faraday considérant que l’espace environnant une charge électrique est différent de tout autre. Il envisageait des lignes de force qui, partant de la charge électrique, se répandent dans toutes les directions (notion de divergence en mathématiques).

Première unification de la physique

Maxwell formule l’unification théorique d’un champ électrique et d’un champ magnétique pour définir la lumière. Cette théorie permet à Hertz d’expérimenter sur les ondes électromagnétiques en donnant naissance aux circuits oscillants (RLC).

FARADAY Michaël (1791-1867)

Autodidaxie et simplicité

Fils d’un ouvrier forgeron, Michaël Faraday naquit le 22 septembre 1791 dans les environs de Londres. Issu d’une famille modeste, il reçut une éducation sommaire (lecture, écriture et quelques rudiments d’arithmétique) et il commence à travailler à 13 ans comme coursier chez un libraire ; En 1805, il débute un apprentissage de relieur et libraire. Souvent malade, son père meurt en 1810.  Il n’avait donc que 20 ans et toute sa vie. Cette situation pousse le jeune Faraday à se débrouiller par soi-même avec volonté et en toute simplicité.

Son travail quotidien était propice à la lecture et comme Franklin (qui fit un apprentissage dans une imprimerie), il dévore des quantités de livres pour se cultiver par autodidaxie mais surtout pour assouvir une curiosité insatiable. Faraday se mit à lire avec voracité des livres de physique et de chimie. En 1812, il assista à quatre conférences de H. Davy qui marqua un tournant dans sa vie. Ce fut une réelle opportunité, il prit des notes, les mis au propre et les relia in-4 dans un livre de qualité puis il les envoya à Davy en sollicitant son aide. Le chimiste, professeur et directeur du laboratoire à la « Royal Institution » répondit aimablement et salutairement pour lui proposer un poste d’assistant scientifique qui venait de se libérer. Faraday prit son service le 1er mars 1813.

Dans cette petite suite d’évènements de la vie, le mot opportunité prend tout son sens et la vie d’un homme (ou d’une femme) peut radicalement changer lorsque l’intrication des faits confirme l’évolution du cours des choses. C.-G. Jung parlait de « synchronicité » pour traduire cette réalité qu’on nomme vulgairement la chance ou le hasard. J’y reviendrai par la suite…

La Royal Institution est fondée en 1799 (entre autre par Cavendish) pour diffuser la connaissance et encourager l’enseignement libre et gratuit de la philosophie tout en proposant des découvertes scientifiques liées à l’amélioration des techniques et  proposer ainsi des inventions « à des fins ordinaires de la vie ».

De voyage en découverte

Il entame un voyage en Europe avec Davy (octobre 1813-avril 1815) puis à la Royal Institution, il assiste les professeurs au cours de leurs leçons. Faraday a consacré sa vie à cette Institution. Il travaillait énormément pour rattraper son retard, il apprenait beaucoup tout en menant correctement ses fonctions quotidiennes et il fut promu super intendant (1821). Sa première publication (1816) traite de chimie. Il inaugure les réunions du soir (Friday Evening Discourses de la Royal Institution) en 1826 où les spécialistes de chaque discipline rendaient compte des progrès de la connaissance, il initia également le cours scientifique pour enfants (Christmas Juvenile lectures). A cette époque là ses publications sont régulières et elles vont s’étendre sur une quarantaine d’années. Il est élu « fellow » de la Royal Society en 1824, directeur du laboratoire de la Royal Institution (1825). En 1844, l’Académie des Sciences l’accueille comme l’un des 8 membres étrangers et la France le nomme commandeur de la Légion d’honneur en 1855.

Fellow : Elu par les paires pour une reconnaissance unanime des travaux scientifiques.

Cette ascension fulgurante et unanime, c’est celle d’un garçon pauvre mais opiniâtre, laborieux et idéalement respectueux pour transmettre les connaissances scientifiques et prolonger les expérimentations nécessaires pour faire progresser la science.

Faraday avait l’envergure du vrai savant mais elle contrastait avec son caractère teinté de retenu, de discrétion et de simplicité. Il avait même fait comprendre qu’il n’accepterait pas de titre de noblesse et il a refusé la présidence de la Royal Society. Il ne s’était pas entouré de toute une équipe qui travaillait pour lui, mais seulement d’un assistant qu’il garda 40 ans car « il faisait toujours exactement ce qu’on lui disait, et rien de plus ».

Chimie et électricité

Ses travaux en chimie sont, en quelques sortes, une continuité de l’approche de Davy mais ils lui permettent d’aborder les phénomènes physiques avec des déductions intuitives qui le conduisent à inventer la dynamo. Après les travaux d’Oersted et d’Ampère (avec lequel il était ami), il découvre l’induction électromagnétique (1831) qui se produit dans un circuit fermé et conducteur. Ce circuit fermé est le siège d’un courant induit à chaque fois que le flux du champ magnétique qui le traverse varie dans le temps. Soit le circuit est mobile et le champ magnétique est permanent, soit le circuit est fixe dans un champ magnétique variable.

La loi de Faraday permet de calculer la force électromotrice dans un circuit :

Dans un circuit unique, il se produit des phénomènes d’auto-induction c’est-à-dire

et le flux F =  L.I où L est le coefficient d’auto-inductance et I le courant dans le circuit, on obtient donc la tension d’une bobine (inductance) :

De nos jours, il existe trois composants électriques essentiels pour un régime transitoire dans les circuits en électroniques : la résistance électrique (conducteur ohmique), la bobine et le condensateur.

Ampère était à quelques mois de cette découverte des phénomènes d’auto-induction, mais il reconnu aisément que Faraday l’avait devancé. Pour comprendre l’immense progrès scientifique qui résulte de cette loi, il faut savoir que cette découverte est à la base de la conception du champ électromagnétique. Faraday est donc un trait d’union entre les électriciens et la théorie de Maxwell, entre les phénomènes électriques et la théorie électromagnétique de la lumière.

Il réalise d’autres études qui se portent sur les propriétés diélectriques et le diamagnétisme. En chimie ou plutôt en électrochimie il apporte, pour la première fois, une base quantitative des électrolyses et donc de l’interprétation atomistique des phénomènes électriques qui se produisent, au sein d’une solution aqueuse, à cause d’une réaction d’oxydoréduction forcée à la suite du passage d’un courant électrique.

Première loi : « L’ampleur selon laquelle une réaction électrochimique se produit dépend uniquement de la quantité d’électricité qui traverse la solution ».

Deuxième loi : « La masse [m] d’une substance qui est produite à la suite du passage d’une quantité déterminée d’électricité [I] est proportionnelle à la masse molaire [M] de la dite substance, divisée par le nombre d’électrons [n] qui sont consommés ou produits par entité formulaire [de temps] ». On a :

Avec F la constante de Faraday : F = 96485 C/mol

Ses recherches permettent donc, à Nernst, d’écrire plus tard sa fameuse équation décrivant les potentiels standards de réduction et la force électromotrice au sein d’une pile :

En 1862, ses dernières notes indiquent un « essai d’identification des effets d’un champ magnétique sur les raies du spectre », son expérience échoua mais 34 ans plus tard, Zeeman, avec un appareil plus puissant valide l’intuition de Faraday.

Comme l’exprimait J.-B. Dumas à l’Académie des Sciences le 18 mai 1868 :

Faraday a développé « cet art de se servir du concret pour arriver à l’abstrait et de soumettre l’abstrait au contrôle du concret. »

BOLTZMANN Ludwig (1844-1906)

Il était professeur de Sciences à Vienne, Graz, Munich ; partisan de l’atomistique mais adversaire de la théorie de  l’énergétique représentée par son collègue Ostwald[1] et tant d’autres… Boltzmann souffrait de dépression cyclique et termine sa vie par un suicide. La question fondamentale qu’il se pose s’inscrit dans les différences conceptuelles de la grande mécanique classique omnipuissante à l’époque {philosophie des « sciences rationnelles »} devant la toute petite thermodynamique naissante {philosophie des « sciences probabilistes »} – Voir la biographie de Lavoisier.

Comment un physicien, rigoureux et innovant peut-il se suicider ? Le suicide est complexe à résoudre, le suicide peut-il même être résolu ? Dans le suicide de Boltzmann, il y a de la détresse. Certains pensent qu’elle émerge de l’opposition entre la « conception matérialiste de la matière atomistique » et la « conception énergétique de la cause des causes » mais c’est plus difficile à résoudre car la subjectivité de l‘individu en perturbe la réalité. Alors peut-on tout mettre en équation ? Tout cela est surprenant. Pas tant que ça lorsque l’on suppose que la pensée, émergente des limbes du kosmos, essaye d’analyser le Kosmos. C’est presque comique !

Mais revenons à L. Boltzmann, autrichien de naissance, il possède les codes nécessaires au bien vivre en société, mais il remarque que la nature humaine n’est qu’attitude mensongère et règles comportementales insignifiantes face au questionnement de la pensée cosmologique et des incertitudes qui en résulte. C’est exactement le trouble de Boltzmann qui, selon moi, l’a poussé vers l’irréversible geste, mais d’autres réalités plus centrées sur son environnement proche interviennent, comme les relations/communications acérées qu’il a pu avoir avec ses collègues et autres commentaires sur la nouvelle physique qu’il essayait de faire accoucher de sa souffrance.

Le suicide de Boltzmann

Il faut parler, dans le cas d’une pression mentale insupportable, de la résistance nécessaire pour éviter le suicide. En effet Ludwig s’est suicidé, il a eu le courage de le faire, et il a fait ! D’autres causes mortelles et de nature plus dramatiques sillonnent le destin des physiciens en recherche d’une explication et d’une compréhension infini de l’Univers, du Kosmos et de ses lois finies (mais en évolution infinie) dans la phénoménologie du monde. C’est de cela qu’il s’agit, pour Boltzmann, c’est une recherche intensive, dans le domaine de la perception des réalités, pour isoler la réalité des phénomènes contradictoires. Pour contrebalancer cette difficulté, Boltzmann a essayé de transcender la résolution analytique sachant qu’il ne pouvait aboutir, il a inventé la physique statistique, comme une combinaison probabiliste des évènements possibles et envisageables pour englober, au maximum, l’ensemble de l’univers dans un espace circonscrit. Tout est question de probabilité dans la réalité de Boltzmann qu’il a exprimé avec tant de douleurs. Le suicide est une finalité qui dénote de l’impossibilité de vivre avec autant de contradictions. Je ne voudrais pas prendre trop de liberté avec l’histoire, mais la relation qu’il avait avec sa sœur me semble trouble (comme la cousine d’Einstein). Vision floutée des réalités familiales ou simples mœurs de la société d’avant, ne cherchons pas plus loin, regardons simplement son morphotype.

Morphopsychologie de Boltzmann

Morphopsychologie de L. Boltzmann

Je commence avec Boltzmann l’étude morpho-psychologique des scientifiques. C’est donc une première, mais je ne suis pas inquiet car même si ce terme semble un peu « inattendu », il n’en est rien et j’ai pu vérifier à plusieurs reprises depuis 20 ans la pertinence de cette analyse morphologique.

Étymologie de Morphopsychologie : Morpho- signifie forme, psycho- pour âme et logique est issu du grec logos pour parler de…

Quels sont les traits significatifs du visage de Boltzmann ?

  • Front large ;
  • Petits yeux ;
  • Nez aussi large que haut ;
  • Forme générale plutôt ovoïde.

Je dirai que les oreilles révèlent la nature d’un homme généreux et à l’écoute des autres (trop peut-être). Un scientifique n’est-il pas généreux par essence, lorsque imprégné dans ses pensées, il cherche à percer les mystères du monde, pour le bénéfice de l’humanité ?

Globalement le visage de Boltzmann est de forme ovoïde, reflet d’une sensibilité particulière, une perception difficile à supporter selon le jugement des autres : un visage allongé est une marque de sensibilité voire souvent de susceptibilité. 

Les transformations thermodynamiques

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[1] Ostwald Wilhelm chimiste allemand d’origine russe (1853-1932) ; La loi (qui porte son nom) implique une dissociation (d’électrolytes faibles) qui tend à devenir totale si la dilution augmente (vers l’infini). Cette notion a un lien (causal) avec la loi d’Hahnemann et tous les soins homéopathiques qui en résultent.

Tesla Nicolas (1856-1943)

Il est né en Yougoslavie et mourut aux États-Unis en 1943. Il débute sa carrière d’ingénieur à Budapest en 1881. Dans la dynamo de Gramme, il a l’idée de supprimer les étincelles du collecteur, au moyen de rotation magnétique. En 1883, il invente le moteur asynchrone (courant alternatif), mais le courant continu engloutissait tous les budgets publics… pour vaincre les difficultés de la transmission à distance de l’énergie électrique. A l’époque le courant alternatif était mal adapté en France ; il part en Amérique. Il fonde en 1887 la « Tesla Electric Company » et dépose une grande quantité de brevets (systèmes polyphasés, moteurs asynchrones, transmission à distance, courants à haute fréquence et/ou haute tension avec transformation à auto-induction (utilisait également à des usages thérapeutiques).

Par rapport à la créativité débordante de Tesla et à ses interrogations, son professeur universitaire (déjà) disait que « cela équivaudrait à transformer une force qui agit dans un sens, pareillement à la gravitation, en une force rotationnelle. Ce serait le mouvement perpétuel, par conséquent une idée irréalisable. »

Par son intention de se passer des contacts rampants dans la production des courants continus, engendrés par l’induction électromagnétique – chose en effet impossible – Tesla faisait allusion à l’expérience irréalisable, consistant à exploiter le modèle idéal de la rotation d’un seul pôle magnétique dans le champ (polydrome) d’un conducteur de courant continu. Tesla était nommé à l’époque comme le « poète de l’électricité » pour les expériences spectaculaires qu’il imaginait et pour les utopies qu’il poursuivait. Mais il n’a pas cueillit les fruits de ses inventions car exploitées pour le bien public.

Pour rentrer plus en détail dans la vie de Tesla, il est nécessaire de comprendre certaines choses. D’abord que sa mère était d’une rare intelligence, elle pouvait inventer toutes sortes d’instruments pour la cuisine ou le jardin. Très jeune, Tesla manifeste un don à l’ingéniosité et à l’inventivité. Il fait preuve de curiosité et il expérimente une première centrale en miniature qui utilisait la force de l’eau. Il construisit également un moteur à eau alimenté par des insectes. Il voulut aussi expérimenter l’acte de voler qui se soldat par un échec et quelques fractures. Certaines de ses idées étaient totalement surprenantes, Il imagina de construire un cercle autour de la Terre, au niveau de l’équateur pour que le cercle puisse orbiter à la même vitesse de la Terre lors de sa rotation.

Tesla avait un esprit hors du commun, il était doué d’une puissance mentale impressionnante :

  • mémorisation décuplée ;
  • mentalisation précise ;
  • visualisation mentale en 3D ;
  • des visions se manifestées dans sa tête ;
  • états altérés de conscience ;
  • Hypersensible ;

Ces propriétés intrinsèques et surdéveloppées faisaient de Tesla un génie. Il était admiré par de grands scientifiques comme Lord Kelvin, Hermann Von Helmholtz, William Crookes, Lord Rayleigh, James Dewar, Robert Millikan, Albert Einstein, Ernst Rutherford, Arthur Compton et Niels Bohr pour les plus connus. Dans un numéro spécial de Life Magazine, il est classé 57ième parmi les 100 personnes les plus inventives du deuxième millénaire.

Tesla était un visionnaire et il est reconnu comme tel un demi-siècle après sa mort. Ses inventions étaient visualisées dans sa tête, avec précision et le souci du détail, ses processus de créativité étaient stimulés par sa soif de connaissance, il pouvait ainsi passer rapidement de l’intuition à la logique conceptuelle en peu de temps. En fait, ses découvertes étaient complètement imaginées dans sa tête avant de les réaliser concrètement. Il maîtrisait un processus d’analyse mentale qui lui permettait de « décomposait hiérarchiquement le problème en autant de sous-systèmes afin d’identifier précisément les solutions » comme l’exprime M. Todorani.

Tesla mentionnait l’existence d’un monde supérieur dans lequel toute la connaissance et tout ce qui existe est déjà écrit comme des « archives cosmiques ». Dans les Védas, cela s’exprime par l’Akasha et Tesla était grandement influencé par la philosophie védique. Cette philosophie lui permis de comprendre l’unité du monde et la dépendance de la matière par l’esprit. Toutes ses inventions reposent sur l’existence d’un « éther » inhérent à toutes choses que les orientaux nomment « prana ».

Vidéo Biographie Tesla