Menu Fermer

FRANKLIN Benjamin (1706-1790)

Sa gloire repose sur deux grandes découvertes disait Millikan (Prix Nobel 1923) :

L’étude et l’interprétation de la « décharge des pointes », les phénomènes connexes et l’invention du paratonnerre. La théorie de l’électron et l’unité du fluide électrique. »

Il commence sa vie avec autonomie et détermination. Il débuta comme ouvrier dans une imprimerie. Dans ce domaine il eu accès à de nombreux livres qu’il étudia la nuit avec assiduité. Il devint ensuite imprimeur, il était végétarien et vécu en toute simplicité avec une maîtrise certaine de lui-même. En tant que citoyen, il a créé la Société Philosophique, une Académie devenue l’Université de Pennsylvanie, le premier cabinet de lecture d’Amérique, la première force de Police et le premier corps des pompiers des colonies. Membre de l’Assemblée Générale (1736, Pennsylvanie et de toutes les colonies en 54), il passa 16 ans à Londres comme représentant en Angleterre puis 9 ans à Paris pour représenter la jeune République des Etats-Unis. Enfin, il siégea (1789-90) à la Convention qui élabora la Constitution des Etats-Unis.

Théorie de l’électron

Franklin imagine « l’existence d’une unité dernière ou atome de l’électricité (que cette charge soit positive ou négative) » que G. Johnstone (1874) devait baptiser « électron ». L’existence de cet atome de charge qui constitue l’électricité a été affirmée avec netteté par Franklin sur la base d’expériences commencées en 1747. J.J. Thomson, en 1897 montre l’existence d’une particule chargée dont la masse est un millième de celle de l’atome d’hydrogène. Thomson appelait le rayonnement cathodique un flux de « corpuscules » et il prenait soin de n’employer le mot électron que comme « atome de charge » dans le sens premier du terme et non comme particule d’une certaine masse. La nuance est importante car la théorie de l’électricité selon Franklin est sans ambiguïté (une série de lettres à M.P. Collinson de la Société Royale de Londres publiée en 1751 l’atteste) :

« La matière électrique est composée de particules extrêmement subtiles, puisqu’elle peut traverser la matière commune, même les métaux les plus denses, avec tant de facilité et de liberté qu’elle n’éprouve aucune résistance sensible. »

 « Si quelqu’un doutait que la matière électrique passât à travers la substance des corps, mais seulement sur et le long de leur surface, l’expérience de Leyde, faite avec un grand vase de verre électrisé dont le coup serait tiré à travers son propre corps, suffirait probablement pour le convaincre. »

« La matière électrique diffère de la matière commune en ce que les parties de celle-ci s’attirent mutuellement, et que les parties de la première se repoussent mutuellement ; de la vient la divergente apparente dans un courant d’écoulement électrique. »

« Mais quoique les particules de matière électrique se repoussent l’une l’autre, elles sont fortement attirées par toute autre matière. »

« De ces trois choses, savoir l’extrême subtilité de la matière électrique, la mutuelle répulsion de ses parties, et la forte attraction entre-elles et une autre matière, il en résulte cet effet, que quand une quantité de matière électrique est appliquée à une masse de matière commune d’une grosseur et d’une longueur sensibles, qui n’a pas déjà acquis sa quantité, elle se répand aussitôt également dans sa totalité. »

« Ainsi, la matière commune est une espèce d’éponge pour le fluide électrique ; une éponge ne recevrait pas l’eau, si les parties de l’eau n’étaient pas plus petite que les pores de l’éponge : celle-ci s’en imbiberait plus promptement, si l’attraction réciproque entre les parties de l’eau n’y mettait pas un obstacle, puisqu’il doit y avoir quelque force employée pour les séparer ; enfin, l’imbibition serait très rapide, si au lieu d’attraction il y avait entre les parties de l’eau une répulsion mutuelle qui concourût avec l’attraction de l’éponge. C’est précisément là, le cas où se trouvent la matière électrique et la matière commune. »

Mais dans la matière commune il y a (généralement parlant) autant de matière électrique qu’elle peut en contenir dans sa substance. Si l’on en ajoute davantage, le surplus reste sur la surface, et forme ce que nous appelons une Atmosphère électrique, et l’on dit alors que le corps est électrisé.

Millikan a écrit en 1950 :

C’est à juste titre que le monde a récemment salué en l’année 1947 à la fois le deux centième anniversaire de la découverte de l’électron par Franklin et le cinquantième anniversaire de l’établissement sans équivoque par J.J. Thomson de la théorie électronique de la matière. 

ROMAS, en 1753, sans connaître Franklin, eut l’idée du cerf-volant électrique pour observer l’électricité atmosphérique à 180 m de hauteur dont le métallique provoqua d’impressionnantes décharges électriques.

%d blogueurs aiment cette page :