Technologie

Voir des animaux dans le ciel étoilé, appréhender quantitativement les rondes planétaires ou modéliser statistiquement la distribution des particules gazeuses dans un système c’est intéressant pour contribuer au développement du savoir mais ce n’est rien sans les applications connexes qui en résultent.

Les araignées ont construit les premiers ponts suspendus et elles ont élevé les premiers dômes. La techni-citée acquise par l’humanité est une science d’observation, la technologie est la concrétisation/réalisation d’une conception modélisée et calquée sur la nature.

Depuis toujours les techniques sont développées par les artisans puis théorisées ensuite dans le cadre d’une ingénierie mathématique (ou inversement). L’histoire des techniques au service de l’humanité trace le rôle de tout un chacun dans la vie quotidienne et de grandes idées en émergent. Depuis la révolution industrielle en Europe, les techniques exigent une spécialisation poussée qui limitent la portée des artisans.

Imiter et prolonger la technicité naturelle

Une technique est un art de faire, inventée par l’homme, la femme ou copiée sur la nature comme lieu de vie et d’expériences. On peut dire que la nature pratique l’art de créer la vie.

La Pureté de la ligne manifeste l’existence de lois simples et rend l’objet signifiant, intelligible et fonctionnel

Qu’il s’agisse des techniques initiées par la nature pour suivre l’évolution de la vie et la perfectionner au cours du temps, ou des techniques mises en œuvre par le genre humain, dans tous les cas envisageables,  l’inventivité, la créativité, l’imagination sont indispensables à l’adaptabilité dont il faut faire preuve dans ses expériences vécues.

L’expérience, non au sens scientifique d’un protocole mise en œuvre, mais l’expérience au bénéfice du genre humain dans la mesure ou, celui ou celle qui crée, est au cœur du processus de concrétisation expérimentale, dans ce cas là, la technique devient littéralement le reflet de « l’expérience de la vie ». De là émerge des techniques appropriées (pour le bien être) ou dévastatrices (pour la guerre).

Dans le cursus scolaire par exemple, l’apprentissage des techniques est dévalorisé en France, c’est dommage car historiquement, l’éducation (en France) est basée sur l’abstraction. La mentalisation est nécessaire, mais également le bidouillage et la bricole pour parachever l’œuvre réalisée.

Entre intelligence cérébrale et intelligence des mains, que choisir ?  Les deux intelligences, les deux mains même si la chiralité nous pousse à être droitier ou gaucher… Mais ne doit-on pas relier les deux mains pour prier et espérer le meilleur pour l’humanité en devenir ?

Il faut se poser 5 minutes, non dans un bureau, mais dans la nature pour observer l’inventivité dont fait preuve la biosphère depuis des millions d’années. Sachant que plus de 90 % des espèces ont disparues, qu’il existe encore, dans le domaine des insectes (par exemples) des espèces vivantes non étudiées, on peut imaginer la créativité dont fait preuve la Terre et la vie dans tous les règnes pour montrer au genre humain sa petitesse dans le contexte manifesté.

L’humanité peut parfois, se sentir légitimement, au dessus d’un insecte, mais regardons objectivement la totalité des espèces vivantes, dans les airs, sur terre, dans les mers, la vie imprègne toutes manifestations de son originalité, même les extrêmophiles font preuves d’une résistance inattendue aux conditions environnementales extrêmes.

C’est donc dans ce contexte et à partir de l’inventivité naturelle, qu’il faut aborder et garder toujours à l’esprit que les techniques créées par l’homme et la femme voire l’enfant sont inévitablement issue de la fabrique de la vie planétaire. Nous humain, nous sommes des « produits » de la machine Terre. Ainsi doit-on aborder l’explicitation technique des sciences appliquées que sont les « vêtements de notre société ». N’oublions pas cela !

Un inventeur de génie qu’était N. Tesla tire ses capacités (entre autre[1]) de sa mère. En effet, elle était toujours prédisposée à inventer des outils pour le jardinage, la cuisine et le bien être au quotidien. Il n’y a pas, pour moi, de « basses œuvres » lorsque l’inventivité se glisse en toutes actions humaines. La créativité est globalement au cœur des découvertes scientifiques et techniques.

[1] Il était surtout doué de capacités psychiques et de visualisation mentale extraordinaires.

Auteur de l’article : Patrice PORTEMANN